Figuier, couleur cachée : jaune-ocre - Higuera, coolor esccondido amarillo ocre

Couleur où es-tu ?

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Pourquoi une plante teint ?

Couleur qui tache, ou qui teint ?

La couleur, où est-elle donc cachée, c’est une hsitoire de chimie, elle est bien cachée dans des composants qui s’unissent avec facilité avec les fibres. Pratiquement presque toutes les plantes tachent, mais il y en a beaucoup qui teignent. Certaines plantes ont besoin de se faire aider par des mordants, d’autres pas, d’autres seront très trompeuses et décevantes.

Chaque civilisation a choisi ses plantes à couleurs, parfois en les important de très loin. L’indigo venait de tellement loin, passaient entre tant de mains, que ce n’est  qu’au XVIIème siècle qu’il a été connu comme d’origine  végétal, il était souvent confondu avec le Lapis-Lazulis! Normalement, on doit pouvoir obtenir un arc-en-ciel n’importe où dans le monde, mais depuis longtemps les plantes voyagent…

Le problème est que certaines plantes ont été oubliées, des techniques discréditées (indigo à l’urine, par exemple), des traditions perdues… C’est ainsi que Charles Darwin, passant à Chiloe vers 1830 vit les habitants échanger de l’indigo. Aujourd’hui, dans cette même zone, personne n’a été capable de me dire de quelle plante pouvait avoir été tirée cet indigo.

Où est donc la couleur ?

Ce n’est pas évident, aucune plante n’affiche qu’elle va pouvoir teindre en bleu, le bleu n’apparaît même pas en faisant bouillir comme la plupart des plantes. De plus selon les procédés, une même plante peut donner d’autres couleurs (voir l’arc en ciel de dégradés, dans un livre de Michel Garcia).

Il en est de même avec le rouge qui provient rarement de pétales rouges. Je me rappelle d’avoir essayé de teindre avec pétales rouge foncé d’hibiscus que j’avais récoltés à Iquique, lors de teinture, une fois rentrée à Mamiña, le bain a viré à un joli vert quand j’ai ajouté un peu d’alun comme postmordançage!

En général, les plantes produisent des pigments pour se défendre (comme c’est le cas des tanins), plus une plante est attaquée par des ravageurs, plus elles en produisent. Les galles du chêne sont un exemple de concentré de tanins. Habituellement la présence de pigments n’est pas visible à l’oeil un.

La couleur la plus visible des plantes, la chlorophylle, ne se conserve pas (même si elle tache), donc le vert n’est pas aussi courant en teintures naturelles. D’autres pigments peuvent teindre l’eau, mais n’adhèrent pas aux fibres, qui malgré tous les mordançages possibles, ne donneront qu’un jaune faible.

La couleur, un luxe?

Au Chili, il y a  un proverbe qui dit « el que quiere celeste, que le cueste » (celui qui veut du bleu, que cela lui coûte), et même avec les teintures  chimiques, il est rare que les femmes teignent en bleu à Puerto Montt! Quand on les interroge sur les plantes sur le bleu, elles ne parlent que de certaines baies… dont les résultats ne doivent pas être stables.

Il faut savoir que la couleur a un coût élevé en énergie pour la plante, que ce soit pour la fleur dans le but d’attirer les pollinisateurs, ou dans sa composition interne pour se protéger. Une plante qui se voit attaquée, détourne des ressources (toujours limitées) qui devraient aller vers sa croissance, vers la production de substances diverses pour sa protection. Certaines de ces substances teignent…

Il convient donc de s’intéresser à la botanique, aux composants chimiques des plantes, cela nous renseignera sur les possibilités que peut offrir une plante. Les plantes médicinales sont des concentrés de pigments et leur composition chimique est souvent mieux connue. Elles sont souvent bien documentées. Ce qui permet de se faire une idée de la couleur que l’on peut obtenir.

Un usage réglementé

C’est pourquoi partout dans le monde des plantes ont été sélectionnées par les artisans teinturiers, elles ont souvent été cultivées à cette fin, parfois sur de grandes extensions. Elles ont aussi, souvent, été choisies pour la solidité de leur couleurs. Certaines plantes ont très vite été réservées à une élyte. Très tôt dans l’histoire, les plantes tinctoriales ont été répertoriées en grand et petit teints (dès le XIième siècle, à Venise, par exemple – voir Michel Pastoureau).

Traditions à préserver

Face à ces connaissances écrites et bien documentées, chaque population a ses propres traditions locales, souvent orales qui dépendent des plantes dont elles disposent. Si ces populations sont déplacées, elles n’ont plus accès à la flore qu’elles connaissaient.

Ces traditions se perdent, il est important de les sauvegarder. La grande majorité de ces plantes en sont pas forcément décrites, les utilisateurs leur donnent des noms vulgaires qui peuvent représenter d’autres plantes un peu plus loin. Elles peuvent avoir une répartition géographique très limitée et peuvent être mises en danger par une surexploitation ou une dégradation de leur habitat.

Que faire ?

Il faut lire, s’informer, parler avec les personnes âgées, les gens de la campagne, parfois insister pour qu’ils cherchent dans leurs vieux souvenirs, souvent ils ont honte…Et puis maintenant, il y a internet et des formations

Puis il faut tester, tester et encore essayer. On peut obtenir de nombreuses jolies couleurs avant d’arriver à celle rêvée. Bien retenir tous les  détails pour obtenir à nouveau quelque chose de ressemblant.

La nature nous donnent très facilement une grande variété de jaunes, de beiges, de marrons, de gris, de verdâtres, de verts olive, bronze…

En général, je préfère travailler avec les plantes courantes locales qui nous réservent souvent bien des surprises (je pense à cette « mauvaise herbe » très invasive qu’est la « sorona » dans le nord du Chili et dont les femmes de Pica ont découvert qu’elle pouvaient en tirer un très beau jaune) et à titre exceptionnel des plantes cultivées tels l’indigo ou la garance que j’ai acquis en petites quantités lors de mes voyages (il en est de même de la cochenille qui n’est pas une plante).


Je tiens à vous préciser que je n’ai pas de formation en marketing et que bien sûr, je ne pense pas revendre les données ainsi collectées!

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Publié par

Francoise Raffi - La Francesa Bigotuda

Artisane textile, tisserande, teinturière, vivant depuis plus de 20 ans au Chili, je travaille avec des teintures naturelles depuis plus de dix ans. J'ai participé à plusieurs séminaires internationaux (ISEND Kuching, IFND Taiwan et dernièrement IFPECO à Madagascar) Je tisse, tricote ou feutre les fibres teintes. Je propose des formations aux teintures naturelles adaptées au lieu. Artesana textil, tejedora, tintorera, viviendo desde más de 20 años en Chile, trabajo con teñidos naturales desde más de diez años. He participado a varios seminarios internacionales (ISEND Kuching, IFND Taiwan y ultimamente IFPECO en Madagascar). Tejo o afieltro las fibras teñidas. Propongo formaciones, capacitaciones, talleres de teñido natural adaptadas al lugar.

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