Un peu de sécurité!

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Table avec produits et matériels pour teindre à Santa Fe, Argentine. Nous avons vu le thème de la sécurité à plusieurs reprises.
Table avec produits et matériels pour teindre à Santa Fe, Argentine. Nous avons vu le thème de la sécurité à plusieurs reprises.

Pour plus de sécurité, il suffit de prendre quelques précautions

Teindre avec des plantes n’est pas dangereux, mais il faut tout de même prendre certaines précautions, car la sécurité est primordiale.

Ce n’est pas parce que l’on travaille avec des plantes que l’on ne doit pas se protéger parfois. Il existe des plantes toxiques, même dans votre jardin, autant les éviter, si possible.

Donc, Il est bon de prendre les précautions suivantes :
  • Ne pas réutiliser pour la cuisine les ustensiles et casseroles utilisées en teinture!
  • Utiliser des gants en caoutchouc
  • Eventuellement un masque pour certaines vapeurs
  • Faire attention aux éclaboussures
  • Faire attention aux yeux, bien se laver les mains
  • Utiliser un tablier
  • Attention aux produits corrosifs : soude, chaux…
  • Si possible travailler à l’extérieur, ou travailler dans une pièce bien ventilée (certaines plantes peuvent sentir très mauvais)…
  • Si le bain est trop acide ou trop basique, neutraliser avant de l’éliminer dans l’égout. Vérifier si possible au papier pH.

D’autre part, il est bon de s’informer sur les végétaux toxiques, ils ne sont cependant pas tous inutilisables, beaucoup  de plantes tinctoriales sont aussi médicinales, souvent c’est la dose qui fait le poison.

Certaines plantes peuvent  être irritantes (sève laiteuse des figuiers), renconcules…

Certaines plantes comestibles ont des parties toxiques (pommes de terre, les tomates…), d’autres le sont crues (rhubarbe, manioc, petit pois…), mais plus cuites.

Certaines plantes sont considérées toxiques en Europe, mais pas en Amérique Latine, par exemple la Rue (ruta gravolens) qui est couramment utilisée au Chili contre les douleurs au ventre, est présente dans tous les magasins comme porte bonheur, était utilisé dans les couvents (pour éliminer les désirs sexuels)…

Le ricin, je l’est mentionné comme toxique lors des ateliers à Santa Fe, Argentine, les stagiaires m’ont affirmé avoir joué à la dinette avec quand elles étaient petites, elles se sont empressées de l’essayer (avec succès) quand nous avons pratiqué une technique qui consiste à écraser les feuilles entre deux toiles avec un marteau en caoutchouc. L’huile de ricin (castor oil) souvent mentionnée dans les traités de teinture est inoffensive.

Je vous mets tout de même en garde contre :

  • la cigüe (dont certains manuel mentionne le liber comme tinctorial),
  • la daphnée (qui teint en jaune et a rendu aveugles des générations de teinturiers dans le midi)- voir Dominique Cardon
  • la digitale, l’aconit (fort jolie mais qui fut employée comme arme biologique),
  • le datura stramoine, le floripondio
  • les euphorbiacées en géneral, les solanacées, les renonculacées, les liliacées (lis, tulipes, narcisse, jonquilles…)
  • le sureau hièble (était déjà utilisé en teinturerie au néolithique) qui est toxique à la différence du sureau commun
  • le lierre (hedera helix), l’if. le laurier rose, le rodhodendron, la jusquiame (qui selon un livre d’un teinturier antérieur à la Révolution Française contiendrait de l’indigo)…
  • de nombreuses baies noires ou rouges sont souvent toxiques, et généralement les teintures à anthocyanes ne sont pas très stables
  • certains champignons (la plupart de ceux qui teignent sont toxiques, voir très toxiques… comme en témoigne le dernier livre de Marie Marquet : « Guide des teintures naturelles – champignons et lichens »

Cette liste n’est pas exhaustive.

Il y a tant de végétaux sans problèmes pourquoi aller en chercher des problématiques?

Attention ! Certaines plantes tinctoriales sont très rares, en voie de disparition. Il n’est donc pas soutenable de les utiliser en teintures si elles ne sont pas cultivées ! D’autant que pour teindre 1000 g de fibres, il faut la plupart du temps 1000 g de plantes.

Outre les végétaux, les  mordants ne sont pas tous inoffensifs…
  • Les sels de métaux lourds (plomb, arsenic, chrome, antimoine, mercure, étain, cadmium…) étaient courramment utilisés il  y a encore quelques années. Avant, on se préoccupait moins de la sécurité !
  • Le cuivre bien qu’encore utilisé en agriculture bio, en produits d’entretien des piscines… est très douteux vu que la plupart de ses sels sont toxiques.
  • Le dioxide de titane nouvellement apparu en  teinture naturelle et présent dans les protecteurs solaires et des produits alimentaires est aussi inquiétant.
  • Il nous reste l’aluminium (pierre d’alun) omniprésent, dont il convient de limiter au minimum nécessaire, l’usage, car il est aussi neurotoxique.
  • Il nous reste le fer, qui obscurcit les couleurs, à n’utiliser qu’à très faible dose car il rend rêches les fibres qui se dégradent très rapidement. Ne pas oublier de bien rincer juste après usage.

Pour travailler en toute sécurité, la solution idéale est de travailler avec des tanins naturels, il y  en a beaucoup, il faut apprendre à les chercher. C’est ce que font les gens qui n’ont pas accès aux produits chimiques, ils combinent des plantes qui en contiennent (plantes bio-accumulatrices) et les plantes à tanins à celles qui colorent.

Il existent un certain nombre d’expériences qui peuvent être menées en toute sécurité avec les enfants sans danger, par exemple avec le chou rouge… Voir Michel Garcia.

Je tiens à vous préciser que je n’ai pas de formation en marketing et que bien sûr, je ne pense pas revendre les données ainsi collectées!

Je vous invite à laisser vos commentaires.

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Publié par

Francoise Raffi - La Francesa Bigotuda

Artisane textile, tisserande, teinturière, vivant depuis plus de 20 ans au Chili, je travaille avec des teintures naturelles depuis plus de dix ans. J'ai participé à plusieurs séminaires internationaux (ISEND Kuching, IFND Taiwan et dernièrement IFPECO à Madagascar) Je tisse, tricote ou feutre les fibres teintes. Je propose des formations aux teintures naturelles adaptées au lieu. Artesana textil, tejedora, tintorera, viviendo desde más de 20 años en Chile, trabajo con teñidos naturales desde más de diez años. He participado a varios seminarios internacionales (ISEND Kuching, IFND Taiwan y ultimamente IFPECO en Madagascar). Tejo o afieltro las fibras teñidas. Propongo formaciones, capacitaciones, talleres de teñido natural adaptadas al lugar.

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