/// Tunisie, découvertes ///
Article créé le 24 juin 2022, dernière mise à jour le 21 septembre 2022
Je suis en Europe depuis le 10 mai 2022 – Retour au Chili le 11 novembre – Beaucoup de nouveautés
Organisons donc des ateliers! C’est facile
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Plusieurs nouveaux articles sont en cours de rédaction et seront bientôt publiés.
J’ai inclus avec grand bonheur la Tunisie dans ce voyage textile en Europe, en partant à la recherche du spécialiste de la pourpre carthaginoise… Je l’ai trouvé et je pense qu’il vous concoctera prochainement un article sur sa merveilleuse passion. En attendant, je vous invite à visiter son groupe facebook.
Comment arriver en Tunisie?
Je pensais qu’il était facile d’arriver en Tunisie, pays connu pour être touristique… C’est simple, quand on choisit le mode de transport le plus rapide…
Éviter le ferry
Mais, j’ai choisi un mode de transport qui me semblait plus économique, le ferry.
D’abord, il n’y avait qu’un ferry par semaine à Naples, il aurait fallu attendre trop longtemps. J’en trouve un qui part de Civita Vecchia, près de Rome.
J’avais déjà réservé pour la première nuit un hôtel à Tunis, me laissant la liberté de voir comment je continue le voyage… Mais, en achetant le billet du ferry on insiste pour que je réserve pour tout mon séjour. Je le fais un peu à contre coeur, à la va-vite par booking.
Une fois, ma réservation acceptée, je peux acheter mon ticket de ferry et prendre le bateau.
En attendant le ferry, je fais la rencontre de plusieurs Tunisiens très intéressants, l’un m’explique tout le processus du travail de la laine, l’autre m’invite chez lui… Cela commençait vraiment bien.
Mais, pendant le trajet en mer, un message n’informe qu’il y a eu un problème avec ma carte bancaire.
Puis, j’arrive au port, à la douane, on m’envoie avec d’autres voir un poste de police. Je suis le mouvement, heureusement ma valise à la main et le sac à dos aux épaules… on nous fait attendre, il n’y avait pas d’internet, pas de kiosque pour acheter une puce et à manger.
Enfin, après un bref interrogatoire et 6 heures d’attente dans le courant d’air, on me fait signe ainsi qu’à un jeune africain, que l’on va parler au commandant. Je ne lache pas mes bagages et on se retrouve devant un ferry sur le point de fermer le pont. Le jeune africain, avait laissé ses bagages avec ses amis, se retrouvait obligé de monter sans rien.
Nous nous retrouvons à Palerme, en Sicile, le lendemain matin.
Je passe toute la matinée à chercher une chambre pour la nuit, un billet d’avion pour Tunis le lendemain et une autre réservation d’hôtel pour Tunis, le tout avec des doutes si l’ancienne réservation n’a pas été payée malgré tout et sur le bon fonctionnement de mes cartes bancaires.
Puis, il me faut tirer ma valise et mon sac à dos jusqu’à la chambre.
Heureusement, j’ai envoyé un message au spécialiste de la pourpre qui m’a bien confirmé que la réservation avait été annulée sans frais.
Je n’ai donc pas pu profiter de cette escale imprévue à Palerme qui est sans doute une très jolie ville.
Conclusion, ou bien il faut s’armer d’une puce tunisienne sur le téléphone mobile et d’un dossier conséquent…. ou bien on prend l’avion…
Se perdre en Tunisie
Il fait bon de se perdre en Tunisie, et j’ai commencé par m’égarer en cherchant un souk près d’une mosquée. Une mosquée, j’en bien sûr trouvée une, ce n’était pas la bonne, mais peu importe, il y avait là aussi un souk, joli marché couvert, fruits, légumes, épices, gâteaux, pains… Moi qui adore les marchés, j’étais servie.
Je me perdrai de nouveau en allant à Gab´ès.
Les égarements dans le souk de la Medina de Tunis vont se multiplier, quel plaisir. Il y a toujours quelque chose à découvrir.
Mes errances en revenant de la station de louages Bab Saadoun, en suivant Google, m’ont menée à voir des moutons en plein centre de Tunis, notamment un bélier fraîchement tondu avec une touffe de laine sur la tête, il s’agit là d’une tradition.
La Tunisie dans le désordre
Carthage
Une autre excellente raison de visiter la Tunisie, est de connaître ce qui reste de la fameuse ville punique et les nombreuses ruines romaines.
Les sites sont un peu éparpillés au milieu de la ville. Il ne faut pas oublier que Carthage a été brûlée et rasée par les Romains.
Ils y ont construit de nouveaux bâtiments à leur goût.
Dans la pratique, cela oblige quasiment à utiliser soit un taxi qui vous attend, soit toute une série… J’ai choisi la première option, sans doute plus onéreuse, mais plus efficiente.
En outre, le chauffeur vous raconte l’histoire des lieux et vous donne quantité d’informations utiles. Il faut tomber sur le bon, il me semble que ce fut le cas.
Ces ruines sont vraiment très impressionnantes, elles sont envahies par une flore qui sait profiter du moindre recoin pour pousser. Cela me donne envie d’écrire un article sur les plantes des ruines.
J’ai aussii pu voir les impressionnantes citernes destinées à recevoir l’eau d’El Zarghuan. Mais, elles ne tenaient pas dans la photo.
El Battan
Ce gros bourg agricole ne figure certainement pas dans les guides touristiques que j’ai d’ailleurs préféré ignorer. Mais, il était mentionné dans un livre comme étant un des lieux de fabrication de chéchias. Assez proche de Tunis, je me suis mise dans l’idée de chercher les ateliers de confections de chechias.
Je n’ai pas trouvé les ateliers de teinture. Mais, on m’a indiqué l’atelier de feutrage, dont par chance la porte était ouverte (il paraît que ce n’est pas toujours le cas).
Les chechias sont d’abord tricotées comme des bonnets surdimensionnés aux aiguilles, ils rétriciront beaucoup au feutrage. Je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer les tricoteuses.
Ces bonnets sont assemblés par 2, pour passer au foulon à El Battan. Il y avait dans la salle 4 grosses machines à feutrer, dont seule 1 était en activité.
Ce sont des machines très anciennes et très bruyantes. Je n’ose pas imaginer le bruit des 4 machines en activité. Elles sont alimentées en bonnets par 4 hommes. Les bonnets sont pilonnés dans l’humidité et se feutrent en se réduisant à leur taille définitive. Je n’ai malheureusement pas pu prendre de photo.
Puis, elles passent à la teinture, généralement chimique.
Enfin elles sont mise en forme sur des cylindres en céramique qui seront étuvés à la vapeur.
Puis, elles sont cardées, on peut voir cette étape et les finitions suivantes dans les ateliers du Souk des chechias.
Après le cardage, elles sont repassées à la main.
Certaines seront décorées en broderie, par sérigraphie, des pompons peuvent être ajoutés.
Enfin, elles sont mesurées et dotées d’une étiquette avec la taille et une autre du producteur. Les plus belles se verront attribuées une boîte, ornée comme il se doit.
J’ai eu de longues conversations avec un des artisans du souk des chechias, à Tunis. Je suis repartie avec 2 chechias que j’ai pu teindre teindre, en ecoprint et en indigo à Gletterens.
J’ai aussi acheté un livre sur les chechias.
Nabeul
C’est la capitale de la céramique. Mais, on retrouve de la céramique un peu partout.
Il y a aussi des tapis, comme partout, et des marchands qui insistent beaucoup pour vous les vendre tout de suite. Il faut se dépêcher de prendre les photographies avant qu’ils ne les rangent pendant que l’on boit le thé à la menthe offert. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils peuvent vous les expédier gratuitement chez vous, n’importe où deans le monde.
Le Kef
J’y suis allée un dimanche, tout était fermé ou presque. Mais, la kasbah qui était fermée est très impressionnante, surplombant toute la région.
Il y a aussi des citernes romaines, en contrebas. Le lieu est rafraîchissant.
Gabès, ou plutôt Toujane
On m’avait recommandé d’aller à Gab´ès pour rencontrer des tisserandes et des teinturières. On me conseille de descendre du bus un peu avant Gabès, à Mareth, juste au moment où je passe par un village balnéaire du nom de Maharès.
Au télephone, je n’ai pas compris la différence entre les deux noms et je demande à descendre du bus. Ne voyant pas comment joindre la personne qui devait venir me chercher, je rentre dans un café.
Le garçon de café, se donne la peine d’appeler, j’apprends que je suis à 160 km du but. Il m’emmènera gentilment à la station de louage pour retourner à Sfax et reprendre une autre voiture pour Gabès.
Agréable coïncidence, le chauffeur de la voiture de Sfax a Gabès connaissait celui qui devait me récupérer à Mareth.
Cette erreur de compréhension m’a fait arriver un peu tard à Toujane, le but de l’expédition. Je rencontre tout de même Taieb, responsable d’une coopérative locale de tisserands.
Il est très intéressant, mais il faut prévoir plus de temps pour pouvoir rencontrer les femmes qui teignent les laines et tissent les tapis. Ce sera pour un prochain voyage.
Toujane et sa région me rappelle beaucoup Mamiña, où j’ai vécu dans le Nord du Chili pendant plus de 2 ans.
Avec un petit supplément absent de Mamiña: des maisons troglodytes qui doivent être très agréables à vivre.
Kairouan
De retour de Gabès, je fais une étape à Kairouan, haut lieu de l’Islam tunisien, mais aussi du tapis.
Plus de la moitié des musées annoncés par Google sont fermés.
Difficile d’échapper aux marchands de tapis dont je commence à connaître les techniques de vente.
Sur le chemin, dans les villages, on peut voir des peaux de moutons en train de sécher, première étape avant le tannage.
Bizerte
Je voulais aller aussi à El Zarghuan pour voir le début de l’acqueduc qui arrive sur les citernes près de Carthage, à plus de 50 km. Mais, j’ai attendu en vain une voiture à la station de louage. Ce sera pour une autre fois.
Monastir
Autre dimanche, à Monastir, cette fois-ci. Ville très intéressante, avec un musée du costume, surtout de mariées, avec de nombreuses pièces impressionnantes.
Il y a aussi une construction impressionnante, appelée le Rhibat, un vrai dédale d’arches, d’escaliers et de petites pièces très faîches malgré les 40º à l’extérieur.
Les souk
C’est une vraie débauche de tapis, broderies, galons… céramiques, cuir, métal repoussé… bijouteries, parfumeries, herboristeries, patisseries…
Une rue des Teinturiers où ils n’y a que des vêtements modernes. Un peu avant, on trouve des herboristes dont les épices peuvent servir pour la teinture. Il y a aussi une rue de la Laine où se succèdent les bijouteries.
Impossible à photographier en dehors des horaires de fermeture.
Voyager en Tunisie
J’utilise beaucoup Rome2Rio pour préparer mes déplacements.
Malheureusent, il ne signale pas les stations de louages qui fonctionnent 24/24h. C’est un peu comme les taxi-brousse à Madagascar, mais ils partent dès qu’ils sont pleins et semblent plus rapides que les bus et les trains. C’est aussi l’occasion d’écouter différentes musiques locales.
Il y a 3 stations de ce genre à Tunis, on les choisit selon la ville vers laquelle on va.
Googlemap n’est pas toujours fiable, et les medina sont de véritables labyrinthes et indications sont parfois aberrantes.
La Tunisie des musées
Comme dans beaucoup de pays que j’ai visité dernièrement, beaucoup de musées sont fermés. Cela ressemble à une épidémie de dédain de la culture.
C’est le cas du Musée de Carthage et du Musée Bardo à Tunis et de plus de la moitié des musées à Kairouan. C’est regrettable.
Ne restent ouverts que de veilles demeures de bey, où sont exposés des tapis anciens et proposés à la vente des tapis modernes.
Ils insistent beaucoup sur le fait que les frais d’envoi des tapis, même à l’étranger sont pris en charge par le Gouvernement.
La Tunisie des livres
Dédaigner les guides touristiques ne signifie pas renoncer aux livres… C’est hors de question pour moi.
Une librairie-bibliothèque
Tout n’est pas à vendre dans cette librairie. Soufiene, le libraire est une source d’informations intarissable.
Il garde une petite bibliothèque de livres sélectionnés qui ne sont pas à la vente, mais qu’il propose en consultation à ses clients. J’ai beaucoup apprécié ce geste.
De plus, il vous renseigne gentilment sur tout un tas de sujet, en donnant des contacts si nécessaire.
Ceci n’est bien sûr pas un lien sponsorisé, c’est avec plaisir que je vous parle de ce lieu de culture authentique. Les quelques autres librairies que j’ai vues étaient plutôt orientées vers la religion ou les livres scolaires.
Une bibliothèque pour les artisans de Tunisie et du monde
Par hasard, en revenant d’El Battan, je passe en Métro devant la Maison des Artisants Tunisiens et l’ONAT.
Je prévoie donc sur mon agenda une visite à ces organismes. Encore une fois, Google qui ne connaît pas l’existence du Métro de Tunis me fourvoie. Je prends la Ligne 5, jusqu’à son terminal qui débouche sur un marché de banlieue.
Je dois rebrousser chemin. Ce sera pour un autre jour.
La prochaine fois, il faudra prendre la Ligne 4 et bien guetter. Le lieu est reconnaissable grace aux carreaux céramiques qui ressortent sur le fond blanc du mur.
J’ai bien fait d’insister, car à la Bibliothèque de l’ONAT, j’ai rencontré des gens passionnés par leur métier et l’artisanat qui m’ont expliqué plein de choses intéressantes, m’ont permis de consulter gratuitement tout sorte de livres, ils m’ont aussi donné des contacts très intéressants.
J’y suis retournée étudier plusieurs jours d’affilée. J’espère pouvoir y revenir.
Départ difficile – retour probable
Cela aurra été pour moi un séjour très agréable, riche en rencontres et en découvertes.
Il faudra que je revienne en programmant un temps plus long, notamment dans le sud, pour pouvoir suivre une formation auprès des tisserandes et enfin rencontrer les teinturières.