Jaune du désert, cours à Pica, nord duChili

Jaune, or, citron, canard

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Emotions intenses, produites par le jaune de la
Emotions intenses, produites par  le jaune de la « sorona » plante invasive à Pica

Jaune, jaune, jaune…

Du jaune partout

Que de jaunes! Le jaune est là dans toutes les plantes, même dans les plantes à bleu. Cela peut d’ailleurs être un petit problème, car souvent il faudra l’éliminer.

Il faut éliminer le jaune pour obtenir le fameux rose de carthame ! (on peut le récupérer pour teindre).

Il provient des flavonoïdes, les mêmes qui sont bons pour la santé. Ils sont présents dans quasiment tous les végétaux, ce sont eux que mettent en évidence les feuilles mortes qui jaunissent… Feuilles de laitues, de murier (aussi bien du murier à soie, que de la ronce), de peuplier, de ginko-biloba, feuilles de rhubarbe… la liste est longue. Elles sont toutes bourrées de jaunes.

Il y a aussi beaucoup de jaunes dans les fleurs jaunes (tournesol, onagre, pissenlit, oeillets d’Inde, marguerite, camomille, verges d’or, genêts, bidens qu’utilisaient les Incas…), mais il y en a aussi dans les fleurs blanches (orties, sophora, vergerette du Canada…), dans les fleurs violettes (fuschia, bougainvillé, buddleya…).

En général, les jaunes ont besoin d’un mordant pour se réveler, habituellement c’est la pierre d’alun, qui en plus de fixer la teinture, augmente l’intensité des jaunes.

Ils sont donc la teinture la plus facile à obtenir. Mais, on a cependant cultivé de très grandes extensions de gaude (réséda) qui maintenant est très rare sauvage, et est encore cultivée par les passionnés de teintures qui la considère bien meilleure et plus douce.

Des jaunes de luxe, mais aussi alimentaires…

Il y a bien sûr le curcuma (une épice qui provient d’Inde, ce sont les racines d’une jolie plante, facile à cultiver, employée dans le curry et qui est source de grands bienfaits pour la santé) qui teint très vite, très simplement, sans mordant, mais sa stabilité laisse à désirer, le résultat sera modifié aussi bien par les bases que par les acides. Mais il est sans danger pour faire des expériences avec les enfants.

C’est une teinture substantive, de même que le luxueux safran (autre épice orientale qui provient des étamines d’une race bien précise de crocus, le croccus sativa à ne surtout pas confondre avec la colchique qui est très toxique), fort apprécié en teinture dans le passé, mais connu pour être “petit teint”. Il était utilisé pour la soie, pour des robes du soir…

Autre teinture substantive à base d’une épice, l’achiote (bixa orrellana), donne un joli jaune d’or, malheureusement aussi petit teint. Ce pigment utilisé en grandes quantités dans la cuisine équatorienne, riche en vitamine A, s’unit mieux avec les graisses qu’avec les fibres…

Le carthame libère aussi une teinture jaune avant la rose, d’habitude cette teinture jaune est jetée, mais certains l’utilise tout de même.

Comment obtenir des jaunes

On peut aussi obtenir des jaunes avec ou sans mordant d’alun avec les pelures d’oignons, si possible de vieux oignons à garder l’hiver, ce sont ceux qui concentrent le plus de pigments, si les oignons sont trop frais, on risque d’être déçu et de n’obtenir qu’un jaune pâle. Ces jaunes peuvent tirer sur l’ocre jusqu’au fauve, selon le temps de macération avant la teinture et le temps de cuisson. Important : il faut 3 kg d’épluchures d’oignons pour teindre un kilo de laine, sinon on obtient un jaune pâle. Il faut donc prévoir une très grande casserole.

Pour la grande majorité des plantes à jaune, il convient de mordancer les fibres à l’avance, de les mettre humides dans le bain froid avec les plantes (ainsi vous évitez le feutrage de la laine qui n’aime pas les choc thermiques), de faire macérer une nuit au mois. Il peut ètre utile de faire macérer les plantes dans un sac en toile légère, ou une maille à oignons, pour éviter que les débrits viennent s’accrocher au fibres. Puis faire chauffer à feu doux pendant deux ou trois heures.

Généralités

Si vous n’aviez pas encore mordancé vos fibres il est toujours temps d’ajouter un peu d’alun, vous allez voir comment le jaune monte, c’est impressionnant.

Après la cuisson, laisser refroidir toute la nuit (ainsi vous évitez le feutrage de la laine qui n’aime pas les chocs thermiques) et vous laisser les colorants pénétrer mieux les fibres.

Puis sortir du bain, faire sécher à l’ombre. Puis rincer, laver.

A partir d’une teinture en jaune on peut obtenir soit des verts olive, bronze… soit des gris, en ajoutant des sels (généralement sulfates ou acétates) de cuivre ou de fer. Il faut faire des tests, les plantes à jaune qui contiennent aussi des tanins vireront au gris avec le fer. Bien rincer et laver après ce post-mordançage. Si on ajoute du bicarbonate, de la chaux, de la lessive de cendre ou du sel, le jaune devient plus foncé et passe à l’ocre, moutarde et ne pas oublier de bien laver, la laine et toutes les fibres protéiniques n’aiment pas les produits basiques ou alcalins qui les attaquent.

Habituellement, je ne cherche pas du tout à obtenir des tons unis, lisses et parfaits, je préfère obtenir des variations de couleurs, je n’ai donc pas d’inconvénient à rajouter les modificateurs directement dans le bain, c’est aussi plus rapide et plus simple, il suffit de garder assez de liquide dans la casserole pour que le modificateur se mélange bien.

Si votre bain s’épuise à force de bouillir, il faut y rajouter de l’eau bouillante pour qu’il n’y ait pas de choc thermique.

Si vous voulez des couleurs très régulières, il faut préparer à coté de votre bain, une autre casserole avec de l’eau bouillante dans laquelle vous plongerez vos fibres teintes, pendant que vous ajoutez le mordant ou le modificateur, puis remettre les fibres dans le bain modifié.

Plus d’informations

Là aussi il faut faire des tests, garder des échantillons, prendre des notes…

Pour avoir des recettes plus précises, je vous recommande de lire les livres de la bibliographie présente sur ce site. Je serai aussi curieuse de connaître vos recettes préférées. C’est pourquoi je suis entrain de préparé un petit questionnaire de recettes.

J’attends avec impatience vos remarques, sans doute avez vous des livres à me conseiller…

Je tiens à vous préciser que je n’ai pas de formation en marketing et que bien sûr, je ne pense pas revendre les données ainsi collectées!

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Publié par

Francoise Raffi - La Francesa Bigotuda

Artisane textile, tisserande, teinturière, vivant depuis plus de 20 ans au Chili, je travaille avec des teintures naturelles depuis plus de dix ans. J'ai participé à plusieurs séminaires internationaux (ISEND Kuching, IFND Taiwan et dernièrement IFPECO à Madagascar) Je tisse, tricote ou feutre les fibres teintes. Je propose des formations aux teintures naturelles adaptées au lieu. Artesana textil, tejedora, tintorera, viviendo desde más de 20 años en Chile, trabajo con teñidos naturales desde más de diez años. He participado a varios seminarios internacionales (ISEND Kuching, IFND Taiwan y ultimamente IFPECO en Madagascar). Tejo o afieltro las fibras teñidas. Propongo formaciones, capacitaciones, talleres de teñido natural adaptadas al lugar.

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