Yourte et feutre

/// Yourte et feutre /// —- Encore en cours de rédaction —
Nouvel article du 17 Mars 2020 — ce projet de Biolab Maraîchage ne fait que commencer…
Prochain article sur les AMAP ou peut-être sur les Ronces
Je suis bien revenue en France et j’y serai jusqu’au 12 novembre
Organisons donc des ateliers! C’est facile

Alors que je continue mon confinement chez Biolab Maraîchage, à Chevrainvilliers, je vis de nouvelles expériences dignes de vous être racontées. Depuis que je suis arrivée, le 25 février, j’entends parler de la yourte. Quel est le lien entre une yourte, le feutre et l’artisanat? Le feutre a de telles qualités qu’il constitue ici la paroi externe de cet habitat nomade

Pourquoi une yourte?

Paul Thierry de Biolab Maraîchage qui reçoit régulièrement des wwoofers, cherchait une solution originale pour recevoir des gens qui font un tour de France des exploitations agricoles qui doivent rester ici plusieurs mois. Elle fait 8 mètres de diamètre, soit près de 50 m2 de surface. Elle est arrivée de Mongolie…

Alors, cette structure circulaire va faire le pendant d’un mandala des plantes aromatiques, déjà installé, un peu envahi par les mauvaises herbes. Mais il faut attendre le réveil de toutes les plantes aromatiques qui constituent ce magnifique motif, oriental lui aussi.

Mandala vu de la charrette. Bien que cela ne soit pas encore visible, les plantes aromatiques sont disposées dans des triangles qui pointent vers la ruche centrale
Mandala vu de la charrette. Bien que cela ne soit pas encore visible, les plantes aromatiques sont disposées dans des triangles qui pointent vers la ruche centrale

Donc, je suis vraiment très heureuse de participer à cette aventure. Quelle expérience!

Le mandala des aromatiques

Bien que ce mandala des plantes aromatiques semble un peu abandonné, il comporte de nombreuses plantes médicinales. Mais, on sort juste de l’hiver et un certain nombre de plantes ne réapparaissent que depuis quelques jours.

Nous allons le remettre à jour rapidement. Je le photographie très souvent pour mettre en évidence son évolution. J’affectionne beaucoup les plantes aromatiques car elles sont médicinales. En outre, elles sont aussi tinctoriales.

La ruche centrale, entourée de tanaisie, plante tinctoriale
La ruche centrale, entourée de tanaisie, plante tinctoriale

Au centre de ce mandala, il y a une magnifique ruche rustique cévenole entourée de tanaisie.

La ruche sans son toit de  pierre
La ruche sans son toit de pierre

Dans ce mandala, on trouve de la menthe, de la sauge, de la mélisse, de la sarriette, du thym, de la mauve, de la tanaisie…

Cette ruche attend d’être un peu nettoyée pour pouvoir attirer un essaim d’abeilles.

La préparation de l’ouvrage

Le travail sur plan

D’abord, Paul a étudié très longuement le plan du plancher de la yourte et son emplacement. Il l’a modifié à plusieurs reprises, cela lui a permis d’avoir une estimation correcte des matériaux nécessaires.

Plan de la yourte et annotations de Paul pour le montage, document de référence pour l'installation du plancher
Plan de la yourte et annotations de Paul pour le montage, document de référence pour l’installation du plancher

Le visionnage de video

Toute l’équipe s’est longuement préparé et a visionné des video sur le montage de yourtes, apparemment toutes ne démarraient pas pareil. Il restait de nombreuses questions.

Avant le montage des parois en feutre, il y a eu une pause de quelques jours. Ils ont revisionné des video.

Comme souvent dans les tutoriels, il semble qu’il manquait, quelques détails très importants. Cela nous a sérieusement compliqué le travail de montage.

On pourrait croire que c’est simple, mais les lois de la physique s’appliquent ici aussi. Bien sûr, il n’y avait pas de mode d’emploi. Nous n’avons donc pas bénéficié de la tradition qui se transmet…

Le mecano de la yourte

Quand je suis arrivée chez Biolab Maraîchage, la yourte attendait son montage, entassée sur une remorque dans le hangar.

La yourte attendait son montage dans le hangar
La yourte attendait son montage dans le hangar, on peut admirer le décor de la porte.

Je vous parle de mecano… Sauf quelques rares anneaux, il n’y a aucune pièce de métal, tout est souple. Donc, les matériaux de base sont tous organiques: bois, nerfs, laine, crin de cheval… Un des participants l’a comparée à un mikado géant, tout décoré de peintures traditionnels.

Le plancher de la yourte

Il est constitué:

  • d’une bâche plastique résistante, comme celles des serres
  • 20 parpaings judicieusement placés
  • des poutrelles en bois
  • des mailles en plastique
  • de la laine de chanvre, puis à défaut de la paille
  • 30 plaques d’aggloméré

Paul prévoit un petit fossé de drainage tout autour avec une géomembrane pour drainer et récupérer les eaux de pluie.

Montage du plancher de la yourte

Paul et ses amis ont commencé à appliquer le plan. D’abord, ils ont nivelé le sol. Celui-ci n’était pas plat, car était cultivé (persil, thym, romarin…).

Une fois cette première étape réalisée, ils ont étendu la bâche à l’emplacement prévu.

Puis, ils ont placé des parpaings et les premières poutrelles pour obtenir le dodécagone prévu. Enfin, ils ont unis ces poutrelles, et fini le dodécagone par des poutrelles de travers.

Cette étape a été très longue. Chaque parpaing a dû recevoir quelques cales pour que le sol ne s’affaisse pas à l’usage.

Structure du plancher de la yourte, enfin montée après deux jours de réglages
Structure du plancher de la yourte, enfin montée après deux jours de réglages

Une fois cette structure montée, ils ont agrafé des mailles et filets sur lesquels on a disposé de la laine de chanvre et de la paille comme isolant thermique.

Remplissage des cellules du plancher de la yourte avec de la laine de chanvre, puis avec de  la paille disposées  sur des filets, pour l'isolation
Remplissage des cellules du plancher de la yourte avec de la laine de chanvre, puis avec de la paille disposées sur des filets, pour l’isolation

Sur cette base, ils ont monté et fixé les 30 planches d’aggloméré. Ce sera le plancher. Chaque planche est vissée sur les poutrelles. Sur ce plancher, ils ont tracé un cercle d’un peu plus de 8 mètres de diamètre. Paul a découpé le cercle.

Paul découpe le cercle sur le plancher de la yourte. Les planches qui manque seront tirées des restes de découpe
Paul découpe le cercle sur le plancher de la yourte. Les planches qui manque seront tirées des restes de découpe

À la lumière d’un projecteur, nous avons fini cette partie cruciale de la yourte. La suite sera pour le lendemain.

Enfin, la plateforme est terminée
Enfin, la plateforme est terminée

Test de filature du chanvre

Jamais je n’avais pu essayer de filer du chanvre. J’ai donc profité de l’occasion pour tester avec la laine de chanvre d’isolation. Elle était plutôt grossière et parfois courte.

Comme il s’agit d’une fibre végétale, elle n’a pas d’écailles qui facilite la filature. Comme il s’agissait de fibre de remplissage, elle n’est pas bien préparée. Donc, elle était rêche au toucher et un peu raide. Le teillage n’était certainement pas suffisant. Évidemment, les fibres n’avaient bien sûr pas pour but la filature.

J’ai tout de même réussi à filer puis à retordre une petite pelote.

En tant qu'artisane expérimentatrice , je n'ai pas pu résister à l'envie d'essayer de filer cette laine de chanvre. Je ne connaissais ce matériaux qu'en théorie. Maintenant, j'ai pu passer à la pratique.
En tant qu’artisane expérimentatrice , je n’ai pas pu résister à l’envie d’essayer de filer cette laine de chanvre. Je ne connaissais ce matériaux qu’en théorie. Maintenant, j’ai pu passer à la pratique.

Enfin, nous avons terminé le montage du plancher en pleine nuit, à la lumière d’un projecteur. Il a fallu recouvrir la structure avec une bâche pour la nuit.

Paul recouvre d'une bâche le plancher de la yourte fini
Paul recouvre d’une bâche le plancher de la yourte fini

Un peu de pluie

Alors que nous avions bénéficié d’une météo favorable. Nous avons eu droit à un petit orage, lors de la préparation du plancher. Il a fallu se dépêcher de tout couvrir avec des bâches.

Lors de la survenue d'un orage, couverture à la va vite du plancher de la yourte
Lors de la survenue d’un orage, couverture à la va vite du plancher de la yourte

Le treillis de la yourte

Aussi curieux que cela puisse paraître, c’est le treillis qui soutient tous les rayons du toit avec les quatre poteaux qui soutiennent la partie centrale du toit.

Voici les treillis qui constituent le mur qui attendent d'être étirés
Voici les treillis qui constituent le mur qui attendent d’être étirés

Son positionnement et son réglage sont très précis. Trop étiré, les rayons tombent, trop serré, les rayons fatiguent, font de mauvaises forces… L’étirement doit être le même partout, sinon on a des parties plus hautes que d’autres….

Le treillis était divisé en quatre morceaux qu’il a fallu unir en les super posant. Ce sont les amarres plutôt disgracieuses des treillis que nous voudrions cacher par une tenture patchwork.

Ici, on voit la jonction entre les treillis
Ici, on voit la jonction entre les treillis

Nous avons fait le réglage grâce à des cordes et sangles qui faisaient le tour complet, soit près de 25 mètres. Ces cordages seront éliminés une fois les toiles installées. Nous avions essayé de les enlever avant de monter les toiles, mais le treillis s’était agrandi de nouveau et les rayons avaient recommencé à tomber.

Avec un peu d'attention, on peut distinguer les deux ficelles bleues qui font le tour de la yourte
Avec un peu d’attention, on peut distinguer les deux ficelles bleues qui font le tour de la yourte

Enfin, ils seront remplacés par trois jolies cordes de crin de cheval tressées, à l’extérieur, qui maintiennent l’ensemble.

Les cordes externes font le tour de la yourte, elles sont nouées aux trois anneaux de chaque côtés de la porte
Les cordes externes font le tour de la yourte, elles sont nouées aux trois anneaux de chaque côtés de la porte

Le montage du toit

Le tonoo de la yourte

C’est le centre et le support de la toiture. Il est joliment décoré avec des motifs traditionnels mongols. La circonférence externe du cercle central est percé d’une centaine de trous où vont s’emboîter les 100 rayons, eux aussi décorés sur la face inférieure.

D’abord il a été attaché de manière un peu approximative avec des amarres, couché sur le plancher de la yourte. Puis, nous l’avons relevé et centré.

Le centrage du tonoo se centre grâce au fil à plomb qui pend de son centre
Le centrage du tonoo se centre grâce au fil à plomb qui pend de son centre

Une fois dressé en place, nous avons tenté de redresser les poteaux pour bien les centrer à plusieurs reprises. C’est la pièce maîtresse. Son réglage définitif n’a eu lieu que juste avant de monter la toile de propreté. Les réglages simultanés du tonoo et du treillis, une fois les rayons montés ont nécéssité la participation de l’équipe au grand complet. Donc personne n’a pu photographier cette étape.

Réglage et vérification des amarres qui unissent le tonoo aux poteaux. Celles-ci seront éliminées une fois les toiles mises sur la yourte
Réglage et vérification des amarres qui unissent le tonoo aux poteaux. Celles-ci seront éliminées une fois les toiles mises sur la yourte

Donc, c’est un ensemble majeur, et c’est le plus difficile à mettre en place. Inévitablement, les erreurs provoquent la chute des rayons.

Comme nous n’avions pas la pratique, il y a eu de nombreuses chutes de rayons, avec même un peu de casse.

Á chaque mauvais mouvement, des rayons tombaient, en particulier ceux qui arrivent sur la porte. Ceux-ci n'ont pas de moyen de fixation
Á chaque mauvais mouvement, des rayons tombaient, en particulier ceux qui arrivent sur la porte. Ceux-ci n’ont pas de moyen de fixation

À la fin, on a installé les couvertures du toit.

Une fois stabilisés les rayons, nous commençons à installer la toile de propreté de la yourte
Une fois stabilisés les rayons, nous commençons à installer la toile de propreté de la yourte

Les rayons

Ils unissent le tonneau au treillis. Ils s’emboîtent dans les encoches de la pièce centrale, le tonoo, et s’attache au treillis avec des cordelettes anciennement en crin de cheval. Il en manquait beaucoup, nous les avons toutes remplacées par des ficelles en plastique.

Certains étaient numérotés. mais la plupart n’avaient pas d’indication. Certains étaient plus gros que d’autres.

Un mikado géant doublé d'un jeu d'essais-erreurs pour le toit de cette yourte
Un mikado géant doublé d’un jeu d’essais-erreurs pour le toit de cette yourte

Les parois de la yourte

Nous allons passer á l’étape de couverture de la yourte.

Voici la yourte attendant sa couverture
Voici la yourte attendant sa couverture

La toile de propretéLa toile de propreté

Aussi bien les parois que le toit, sont couverts d’abord par une toile dite de propreté, blanche et relativement fine. Il s’agit d’une toile assez fine qui fait le tour du treillis, couvre le toit et se fixe sur la porte et le tonoo.

Paul est grimpé sur le tonoo, pendant que l’équipe enroulait la toile de propreté.

D’abord, enroulée la toile est montée vers le toit, grâce à une corde que Paul tire depuis le haut du toit.

Puis, il a fallu étaler la toile autour de la yourte, en se centrant sur la porte.

Le feutre, élément essentiel

Puis, viens une grosse couche de feutre de plus de 2 cm d’épaisseur. Elle est divisée en quatre morceaux qui se recouvrent autour du treillis. Deux demies lunes recouvrent le toit.

Nous allons dérouler ces rouleaux.

La toile extérieure

Alors, vient la dernière couche et de toiles décorées et imperméables. De nouveau, il y a une toile qui fait le tour et une autre pour le toit.

Enfin, vient une petite jupe décorée, au pied de la yourte.

Petites réparations

Cette yourte a été achetée d’occasion. Le feutre avait un peu souffert, notamment au niveau des attaches. J’ai donc reprisé un coin. Pour cela, j’ai utilisé un peu de soie de Madagascar. Elle est lisse et solide. Puis j’ai recousu l’anneau de l’attache qui avait été arraché.

Il y avait aussi une petite couture qui avait lâché entre deux planches de feutre. Je l’ai recousu avec le même fil.

Le feutre

Quelles sont les qualités du feutre?

C’est un matériaux naturel à base de laine de mouton ou de poils d’animaux, il a toutes les qualités de la laine:

  • Il est pratiquement indéchirable, sauf feutrage insuffisant
  • Il ne s’effiloche pas
  • Son imperméabilité naturelle est remarquable
  • C’est un excellent isolant thermique
  • Il est difficilement combustible et ne pourrit pas
  • On peut le teindre, même en ecoprint
  • Il peut prendre des formes et des volumes très divers, ce qui permet de façonner aussi bien des chaussures, des fleurs, des vêtements, ou des murs de yourtes
  • On peut le fabriquer facilement, à la taille et à l’épaisseur désirée
  • Il peut être cousu et brodé facilement

Pour vous donner plus de détail, je prévois un prochain article sur le feutre.

En avant-première, je vais vous expliquer sur quoi est basé la technique du feutre.

La laine, tous les poils et même nos cheveux sont couvert de petites écailles comme nous le rappellent les publicités pour les shampoings. Ces petites écailles sont visibles au microscope.

L’humidité, la chaleur et le frottement les ouvrent et elles s’accrochent, c’est ce qui arrive quand vous passez votre pull en laine à la machine à laver et que vous le récupéré rétréci, feutré…

Il existe deux techniques de base.

1. Feutrage à l’aiguille

Le feutrage à l’aiguille est facile. Mais, il faut avoir une ou plutôt plusieurs aiguilles. Car elles se cassent assez facilement si elles rencontrent un obstacle ou si on les utilise de travers. Ils en existe différentes formes et tailles avec les barbes disposées de manière à obtenir la finition adéquate.

On étale la laine lavée, bien cardée, sur plusieurs couches perpendiculaires. L’idéal est d’utiliser du “top”, laine cardée en ruban. En fait, il s’agit d’une étape intermédiaire de la filature industrielle, avant la mèche de carde et la filature. Cela facilite grandement le travail et permet d’éviter les irrégularités.

Une fois la laine bien disposée sur une éponge comme support, on picote avec une aiguille, ou avec un manche avec 4 aiguilles. On retourne le travail régulièrement et il prend vite forme.

2. Feutrage au savon

C’est bien simple, la combinaison eau tiède, savon et frottements ouvre les écailles qui s’accrochent rapidement et solidement entre elles, et bloquent les fibres en désordre. Un choc thermique peut compléter l’opération de feutrage en le consolidant.

En outre, c’est la raison pour laquelle, habituellement, on doit laisser refroidir tranquillement les bains de teintures. Car un changement de température brusque referme rapidement les écailles en resserrant les fibres.

La technique mongole traditionnelle

Voici, la technique traditionnelle mongole, que l’on peut voir sur des documentaires sur Youtube, consiste à préparer une nappe de laine brute sur une toile de plusieurs mètres de long et de large. On l’arrose copieusement avec de l’eau. Je suppose qu’elle est chaude. Je ne sais pas s’il mettent du savon.

Alors, ils enroulent la toile avec la laine mouillée. Ils obtiennent un grand rouleau qu’ils attachent très serrés et fermement.

Enfin, le rouleau est attaché à l’arrière d’un cheval qui est lancé au galop. Les coups reçus par le rouleau de laine provoque des frottements qui emmêlent les fibres et les bloquent grâce à leurs écailles. À la fin de ce traitement de choc, ils obtiennent des parois de yourte.

Ce que j’ai appris

Comme toujours, j’observe et je photographie. Donc, j’ai encore beaucoup appris.

Les jolis détails de la yourte

L’union des croisillons

Fait intéressant, l’union des lattes des croisillons de la paroi sont fait avec des nerfs qui passent par un trou et noué des deux côtés. Ainsi, c’est plus souple que des unions métallique et le bois souffre moins.

Le feutre

Quant à lui, le feutre n’a pas été fabriqué selon les traditions. Car, en observant bien les détails, on voit les lignes de petits trous des aiguilles à feutrer. Il a donc été produit industriellement sur une machine à feutrer à aiguilles. Les aiguilles sont installées sur des barres qui descendent et montent. Les petites barbes des aiguilles emmêlent les fibres de la nappe de laine et le frottement ouvrent les écailles qui s’accrochent et se ferment sur les fibres avoisinantes.

Les tresses et cordes

Oui, elles sont traditionnelles, en crin de cheval, filées et tordues ou tressées selon l’usage. C’est un travail admirable. Les trois tresses qui maintiennent la structure, montrent même un jeu de couleurs.

D’ailleurs, ses rayons du toit avaient aussi des cordelettes en crin de cheval. Mais il en manquait un certain nombre, alors nous avons toutes remplacées par de vilaines ficelles en plastique bleu vif. Il va falloir cacher tout cela.

Poignée de porte de la yourte

Voici une autre détail technique. Ici aussi, interviennent les nerfs d’animaux.

Montage de la yourte terminé

La participation des Amapiens

Ici, les Amapiens sont l’un des moteurs de cette exploitation agricole d’un autre genre. Je vous parlerai prochainement des AMAPs dans un prochain article conçu en commun avec les Amapiens.

Il s’agit d’associations de consommateurs de produits agricoles en circuits courts. Ils ont donc des relations privilégiées avec leur fournisseurs. En cette période de confinement, plusieurs Amapiens sont venues en aide à Biolab.

Une fois terminé le montage de la yourte, un tapis de sol est prévu, un chauffage à bois va arriver… Il ne manque qu’une tapisserie de 25 m par 1,60 m pour cacher les attaches du treillis intérieur. Les ficelles en plastique bleu vif détonnent trop sur l’ambiance naturelle de cet habitat.

J’ai proposé que nous fassions des carrés de 20 X 20 cm au métier à clous. Il nous en faudrait 1000, Biolab travaille pour 7 AMAPs représentées par 180 adhérents au total. Il suffirait que chaque Amapien tisse 5 carrés pour obtenir la surface nécessaire. Avec un peu d’expérience, tisser un carré prend moins d’une demie-heure.

Nous avons commencé par enregistrer un petit tutoriel en video montrant comment tisser les carrés.

Petite video sur l’utilisation d’un métier à clous, filmée par Noémie à l’intention des Amapiens

Par chance, nous avons terminé de monter la yourte juste à temps. La nuit même, elle a été mise à l’épreuve de la pluie et du vent qui sont revenus après deux semaines d’accalmie.

Conclusion

Évidemment, le montage de cette yourte aura été l’occasion de jolis moments d’amitié et de partage, souvent accompagnés de musique vivante. Une guitare ne pouvait pas manquer à cette réunion collaborative. C’est un témoignage d’une solidarité qu’il faut continuer de développer.

Ce fut un véritable défi, car il fallait aussi faire les travaux courants de l’exploitation agricole, notamment planter les futurs légumes et récolter ceux qui devaient être livrés aux Amapiens. Tout a été fait dans les temps…

La yourte est déjà habitée par des wwoofers.

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Printemps tant attendu

/// Printemps tant attendu ///
Nouvel article du 29 Mars 2020 — vu que le printemps ne fait que commencer, je mettrai à jour régulièrement cet article…
Je suis bien revenue en France et j’y serai jusqu’au 12 novembre
Organisons donc des ateliers! C’est facile

Nous allons observer le printemps naissant… Regardons les teintures germer, grandir et fleurir… Beaucoup de photographies pour les amis qui en réclament… Comme des millions de gens, je me retrouve en confinement. Dans mon cas, c’est en Wwoofing dans une ferme maraîchère bio, Biolab à Chevrainvilliers. Il faut donc utiliser intelligemment son temps. J’en profite pour observer et apprendre. L’agriculture est déjà indispensable, elle le sera encore plus dans les mois à venir…

Chaque semaine, je prends donc des photographies des mêmes endroits, et j’obtiens une évolution. Ainsi, je voulais vous montrer comment d’une semaine à l’autre les champs passaient du marron au vert, certains de colza deviennent jaunes… Mais en regardant les photographies, on ne voit pas le fonds du paysage.

Paysage de printemps depuis la fenêtre de la cuisine, on devine fond Chatenoy, où Paul Thierry possède d'autres terres
Paysage de printemps depuis la fenêtre de la cuisine, on devine fond Chatenoy, où Paul Thierry possède d’autres terres

Printemps et teintures

Cependant, cela reste en lien avec mes activités artisanales de teintures naturelles et de tissage. En effet, les plantes cultivées et les autres aussi et surtout, sont des matières tinctoriales naturelles. En outre, les teintures naturelles doivent s’adapter au rythme des saisons.

Parfois, c’est un peu de la déformation professionnelle, mais je vois partout des teintures naturelles. À vrai dire, il me manque le temps pour les tester.

Souvent, je ne connais les plantes que par les livres. Maintenant, je peux les observer et poser des questions…

Le printemps arrive chaque année

Mais, on ne prend pas le temps de le voir, de l’écouter et de le sentir… Les odeurs ne passent pas par internet…

Voilà, il arrive en grands vents… C’est comme les chants d’oiseaux, cela ne passe pas dans les photographies… Je suis donc sortie photographier les vents de printemps. Il me semble ne jamais avoir vu autant de vents. Et pourtant, cela souffle aussi au Chili. Mais, on n’a pas le temps de le voir.

Photographie prise depuis la porte d'une serre, à gauche on voit le  vent de printemps courber les mauvaises herbes, à droite, elle sont toutes dressées, à l'abri
Photographie prise depuis la porte d’une serre, à gauche on voit le vent de printemps courber les mauvaises herbes, à droite, elle sont toutes dressées, à l’abri

J’ai perdu quelques printemps, en travaillant, en voyageant, d’autres en tissant, en filant au local… L’occasion a fait que cette année, je me suis arrêtée dans une exploitation agricole… Je suis en contact direct avec le printemps… Donc, cette année, je travaille dans et avec le printemps…

Voici donc, le printemps 2020. J’espère pouvoir commenter les printemps prochains.

Le printemps, une histoire de couleurs

Tous les tons de vert

Auparavant, il restait des verts sombres et tristes de l’hiver, maintenant arrivent ceux du printemps. J’aime leur variété et leur délicatesse.

Alors, chaque semaine, je prends quelques photographies depuis la fenêtre de la cuisine. Cela verdit…

Au Chili, la plupart des arbres sont le plus souvent à feuilles pérennes, et même l’hiver. ils restent vert.

N’oublions pas que le vert de la végétation vient de la chlorophylle, qui tache mais ne teint pas. Ce colorant ne tient pas. Le vert est assez difficile à obtenir en teinture naturelle. En général, on l’obtient en deux bains, un de jaune, suivi d’un bain d’indigo (ou l’inverse).

Mais, un feuillage vert peut cacher de nombreuses couleurs, le bleu ne provient généralement pas de fleurs, mais plutôt de feuille où l’indigo se cache.

Strobilanthes, plante à indigo cultivée à Taïwan
Strobilanthes, plante à indigo cultivée à Taïwan

Certaines plantes n’attendent pas le printemps et supportent les gelées…

Cette belle ortie, juste après un arrosage dans la serre, n'a pas attendu le printemps pour fleurir, elle est un peu en avance sur ses congénères de l'extérieur
Cette belle ortie, juste après un arrosage dans la serre, n’a pas attendu le printemps pour fleurir, elle est un peu en avance sur ses congénères de l’extérieur

Certaines à l’extérieur ont souffert des dernières gelées… Celles-ci étaient à l’ombre du hangar.

Ces orties ont gelé, mais elles se récupèrent déjà
Ces orties ont gelé, mais elles se récupèrent déjà

Les jaunes

Toujours et encore les pissenlits. Ils forment de jolies taches sur fonds vert et attirent les premières abeilles.

Les premières abeilles du printemps préfèrent curieusement les pissenlits au romarin en fleur
Les premières abeilles du printemps préfèrent curieusement les pissenlits au romarin en fleur

Les blancs

Avec un petit peu de jaune, les pâquerettes, les matricaires, les marguerites… mais aussi de fines “mauvaises herbes”…

Matricaire, camomille sauvage, belles couleurs du printemps
Matricaire, camomille sauvage, belles couleurs du printemps

Et les autres couleurs…

Enfin, deux tulipes rouges solitaires sont apparues… Dans les serres, il y a des légumes colorés… pourpres et violets…

Deux seules taches rouges qui disparaîtrons bientôt
Deux seules taches rouges qui disparaîtrons bientôt

Les autres couleurs semblent plus rares… parsemées par groupes de lamiers et de véroniques bleues… Parmi les herbes, les seules taches de rouge rouille, pour le moment, sont les vieilles feuilles de rumex…

Quelques taches de bleu clair et de mauve...
Quelques taches de bleu clair et de mauve…

Cependant, il faudra encore patienter pour voir plus de couleurs.

Les germinations

Un peu partout, et surtout dans les serres, cela germe, de frêles feuilles émergent du sol. Il faut attendre un peu pour les identifier…

Je viens de terminer de trier les plus de 3000 photographies que j’ai prises cette semaine. Pour illustrer tous les détails, mieux vaut en avoir un peu trop…

Au printemps, cela germe de partout...
Au printemps, cela germe de partout…

Bonnes herbes et mauvaises herbes

Au printemps, tout redémarre, il ne reste plus qu’à faire le tri avec patience entre les bonnes et les mauvaises herbes.

Les bourgeons du printemps

Le déploiement des nouvelles feuilles

Les feuilles nouvelles naissantes sont toujours très belles

Feuille géante d'Amazonie équatorienne, qui commence à se déployer
Feuille géante d’Amazonie équatorienne, qui commence à se déployer

Les feuilles de Chevrainvilliers ne sont pas aussi impressionnantes, mais tout de même très intéressantes…

Panais

Enfin, nous venons de récolter les derniers panais. Ils étaient entrain de produire de nouveaux feuillages avant la montée en graine. Le déploiement des feuilles ressemble à un origami.

Panais, feuilles nouvelles se déployant
Panais, feuilles nouvelles se déployant

Fenouil

Curieux légumes, les fenouils ont de très légères feuilles qu’apprécient beaucoup les lapins. Au Chili, ils poussent sauvages. Voyons comment elles naissent.

Petite feuille de fenouil émergente
Petite feuille de fenouil émergente

Bourgeon d’arbres

Les bourgeons se sont préparés lentement pendant tout l’hiver. Alors, ils éclosent très rapidement, il faut prendre le temps de les surprendre.

Parfois, les fleurs apparaissent avant les premières feuilles.

Les premières fleurs fanent déjà et apparaissent des feuilles...
Les premières fleurs fanent déjà et apparaissent des feuilles…

Les bourgeons sont difficile à surprendre en photographie, ils évoluent si vite…

Bourgeons en train d'éclore
Bourgeons en train d’éclore

En outre, les bourgeons des arbres et arbustes sont très importants pour les abeilles. Elles viennent y puiser des résines qui leur serviront pour produire le propolis avec lequel elles calfeutrent leur ruche. Ce calfeutrage est autant chimique que physique.

Fougères

Voici quelques pousses de fougères à Misahualli, en Équateur, région de Napo, Amazonie équatorienne. Les fougères ont pour spécialité dérouler leurs feuilles.

Fougère près de Misahualli, en Équateur, ici pas de printemps, mais quelle exubérance
Fougère près de Misahualli, en Équateur, ici pas de printemps, mais quelle exubérance!

Bourrache

Ohh! Elle est toute poilue! Cette semaine, elle vient de réapparaître de sa cachette d’hiver…

Et elle fleurit déjà
Et elle fleurit déjà

Les artichauts

Voilà, eux aussi sont pressés de fleurir, je vais les guetter de semaine en semaine. Je ne me lasse pas de les admirer.

Feuilles d'artichauts se déroulant autour d'un bouton de fleur
Feuilles d’artichauts se déroulant autour d’un bouton de fleur

Savez-vous que l’on peut teindre avec les feuilles, les tiges et les restes de ce qu’on mange de l’artichaut?

Une artiste qui a suivi l’atelier de la Redonda a Santa Fe en Argentine avait coupé un artichaut en deux pour faire des impressions…

Les tanins

Au printemps, la production de tanins démarre aussi. Car toute la vie sauvage a faim après l’hiver et les plantes doivent soit se protéger des herbivores, soit se multiplier se développer plus rapidement que la prédation. C’est ce qui explique que certaines plantes soient toxiques.

Comme l’explique Marc-André Selosse dans ses livres, les plantes produisent des tanins, et notamment des anthocyanes. C’est un investissement important en énergie de la part de la plante pour se protéger. Donc, cela concerne surtout les nouvelles pousses bien tendres qui attirent les herbivores et les zones à fort ensoleillement…

Cependant, les tanins ne pourrons pas sortir de la feuille, car ils sont enfermés à l’intérieur des cellules. Mais la feuille grandit. Souvent, elle n’augmente pas la quantité de tanins.

En outre, ces tanins sont bien sûr très intéressants en teinture naturelle. Ils nous offrent des possibilités très intéressantes…

Les pousses de printemps des ronces

Voici venir les premières pousses de ronces si utiles en teinture naturelle. Je leur dois un des plus beau gris que j’ai obtenu après mordançage au fer. Les épines restent piquantes après le bain de teinture.

Jeunes feuilles de ronces de printemps, légèrement teintées d'anthocyanes
Jeunes feuilles de ronces de printemps, légèrement teintées d’anthocyanes. On voit bien le contraste avec les feuilles de l’an passé

À quelques mètres de là, une autre ronce vit à l’ombre du hangar…

Cette ronce n'a pas besoin d'anti-UV
Cette ronce n’a pas besoin d’anti-UV

Celle-ci avait décidé de renaître sous une bâche…

Deux jours après, elle était déjà verte
Deux jours après, elle était déjà verte

Les rosiers

Les feuilles de rosiers sont très intéressantes en ecoprint. Cela ne peut pas rater. Les feuilles de framboisiers sont aussi intéressantes dans cette technique.

Ce printemps, les premières feuilles de ce rosier sont pourpres
Ce printemps, les premières feuilles de ce rosier sont pourpres

J’allais oublier de vous montrer ce que donne l’ecoprint…

La lavande

Les feuilles nouvelles de la lavande ont un autre ton de vert. On peut constater le même phénomène sur la sauge.

Ce pied de lavande sort ses premiéres feuilles de printemps
Ce pied de lavande sort ses premiéres feuilles de printemps

La lavande, comme la sauge et de nombreuses aromatiques servent aussi en teinture.

Les fleurs du printemps

Au printemps apparaissent toutes les fleurs, chacune à son tour. Je vais donc les épier…

Ce printemps, les légumes semblent très pressés de monter en graine. L’hiver a encore été plutôt doux.

Chou rouge pointu en bouton
Chou rouge pointu en bouton

La vie insiste toujours, les choux récoltés il y a 15 jours tentent de renaître…

Ce choux fait tout son possible pour pouvoir fleurir. Quelle persévérance! C'est le printemps.
Ce choux fait tout son possible pour pouvoir fleurir. Quelle persévérance!

Les arbres fruitiers commencent à fleurir. Quelques abeilles commencent à apparaître. Mais elles semblent préférer les pissenlits.

Arbres fruitiers en fleurs
Arbres fruitiers en fleurs

Le sureau

Un jeune sureau prépare déjà ses fleurs…

Le printemps des animaux

Les voisins à Chatenoy sortent leur brebis. Je suis curieuse de voir quand ils vont les tondre.

C'est le printemps, les brebis sortent de la bergerie
C’est le printemps, les brebis sortent de la bergerie

Les poules pondent un peu plus souvent, mais malheureusement pas toujours dans leur nid.

Les poules pondent plus au printemps
Heureusement, les poules pondent plus au printemps

Ici, c’est aussi le printemps pour les lézards de la serre.

Un beau jour de printemps, ce beau lézard était encore un peu endormi sous les feuilles de céleri
Un beau jour de printemps, ce beau lézard était encore un peu endormi sous les feuilles de céleri

Le printemps poétique

Bien sûr, il n’y a pas de doute, les plantes sont belles au printemps et cela inspire de nombreux poètes. Laissez-moi un peu de temps pour sélectionner pour vous quelques chansons et poèmes…

En avez-vous un à me proposer?

Conclusion

En fait, le printemps ne fait que commencer, je mettrais donc cet article au fur et à mesure des observations et des découvertes.

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