Video et Documentaires Textiles

On peut apprendre beaucoup en regardant des video. Cet article sera donc alimenté régulièrement.

Après mes indications bibliographiques, je vais donc réunir dans cette page des directions de video et documentaires textiles avec leur liens, au fur et à mesure de mes découvertes…

J’attends vos propositions de lien pour enrichir cet article.

En attendant que je crée, mes propres video (il faut que j’apprenne encore cela…), je vous invite à visiter ce que j’ai découvert lors de mes recherches sur internet et pendant mes voyages…

Video sur les textiles

Le Musée d’Arts Précolombiens de Santiago du Chili présente de nombreuses voici le lien.

Video sur les métiers à tisser

Video sur la filature

Il y a beaucoup de manière de filer et beaucoup de matières premières.

Les orties

Voici deux videos en anglais sur la préparation et la filature des orties. Cela donne envie d’essayer.

Video sur la teinture

Michel Garcia

Michel Garcia a été un de mes premiers maîtres en teinture avec Dominique Cardon dont j’ai lu et relu tous les livres. Je vous invite à visiter son site.

Il a publié plusieurs DVD techniques très instructifs, disponibles sur son site ou chez Couleur Garance.

Voici une courte video, ancienne, où il présentent les plantes tinctoriales, à Lauris

Il y en avaient trois, et il vient de publier la quatrième video: “Natural Dye Workshop IV: Beyond Mordants Indigo and Direct Application of Dye”

Je l’attends avec impatience.

Je viens de le recevoir, ce sont plus de 4 heures de concentré d’informations.

Couleur Garance

Une autre video, plus récente sur Couleur Garance.

Shibori

J’ai plusieurs video sur le shibori qui est une technique de teinture avec réserves, aussi appelée tye-dye, utilisant des amarres.

Yoshiko Iwamoto Wada

Il s’agit d’une grande spécialiste japonaise des textiles. Elle organise des ateliers et des voyages sur les thèmes textiles. Elle a écrit de nombreux livres et produit des DVD

shop.slowfiberstudios.com

Américaine

Ikat

J’ai aussi une video sur la pratique rituelle de l’ikat à Rumah Gary à Borneo.

Video sur les voyages

Ady Gasy

Ady Gasy de Lova Nantenaina est le premier film que je vous recommanderai dans cette section. Je l’ai vu la première fois lors de l’IFPECO à Madagascar. C’est impressionnant et très instructif…

Vous pouvez vous le procurer chez Laterit Production.

Ady Gasy, une video à voir absoolument
Ady Gasy, une video à voir absolument

Video sur les plantes

Je pense d’abord à la série de Jean Marie Pelt sur la grande aventure des plantes. Jean Marie Pelt est aussi l’auteur de nombreux livres passionnants.

Je recommanderai aussi les conférences et video de:

  • Hervé Coves, il vous fait apprécier les ravageurs.
  • Georges Oxley, comestibles sauvages…
  • Francis Hallé, les arbres vus sous toutes leurs dimensions…
  • Gérard Ducerf, ses livres sur les plantes bioindicatrices valent vraiment leur prix
  • Claude et Lydia Bourguignon, les sols vivants
  • Gilles Clément, de nombreux livres très poètiques
  • Konrad Schreiber,
  • Marc André Selosse, j’ai lu son livre “Jamais seul“, on y apprend beaucoup de choses sur le microbiote… Je viens aussi de le second sur les tannins, vraiment très intéressant, et maintenant des video.
Livre de MMarc-André Selosse sur les tanins
Livre de Marc-André Selosse sur les tanins

Chacun a des points de vue différents, qui se complètent souvent…

Video d’archéologie

Video de philosophie

Bernard Stiegler

Miguel Benasayag

Chaînes youtube

Thinkerview

Passeurs d’histoire d’histoire de vie

Un site plein de surprises

Podcasts

France Culture

J’écoute souvent France Culture avec un peu de retard, mais c’est généralement très intéressant.

Autres video

Conférence gesticulée inclassable, Laurent Rigaud

Depuis quelques temps, je reçois des video du Corning Glass Museum, c’est très beau de voir comment les artistes du verre confectionnent des pièces artistiques. Travail en équipe et beaucoup de matériel à disposition, très professionel. Malheureusement en anglais.

Fablab et microscope

Incursion dans les FabLabs

Microscope

Dans un autre article, je parle d’un microscope fabriqué dans un FabLab par des étudiants à Santiago du Chili. Si vous voulez en savoir plus sur ce mouvement, cliquez sur ce lien.

J’ai beau m’intéresser aux techniques anciennes, l’informatique et les nouvelles technologies m’attirent beaucoup.

De fait, le microscope permet de voir avec plus de détails, des textures, la qualité du fil utilisé et peut me donner beaucoup d’informations utiles.

Elles vont beaucoup m’apporter dans mes recherches, c’est pourquoi j’ai cherché à prendre contact avec les FabLabs, j’ai même eu le projet d’en créer un à Puerto Montt (Chili), chez mon ami de Rincón de Angel.

Cela peut être une bonne solution pour fabriquer des prototypes et des pièces en petites quantités, en faisant varier les proportions… Je rêve déjà de nouveaux métiers à tisser, mieux adapté à chaque type de fibres, permettant de nouveaux effets…

C’est ainsi que j’ai suivi un Mooc sur Fun Université pour connaître les bases de l’impression 3D. Lors de ce cours, j’ai appris que l’on pouvait se fabriquer soi-même son imprimante 3D, il existe ainsi des sites de partage gratuit de plans et de programmes de dessin adaptés…

FabLab universitaire à Santiago

Ma première approche réelle

On m’a invité à une conférence.

C’était très intéressant. Il y avait là un FabLab, je n’ai seulement pu le voir que par une grande baie vitrée, il y avait beaucoup de machines.

Malheureusement, pour des raisons de sécurité, il fallait demander une autorisation au préalable…

Visite au FabLab ESAN – Lima, Pérou

Ils s’intéressent aussi aux textiles

Dans mes recherches pour la création d’un atelier FabLab à Puerto Montt, j’ai pris contact avec le FabLab ESAN à Lima qui a répondu très chaleureusement à mes questions, d’autant plus qu’ils travaillaient avec des gens qui s’intéressent aux textiles.

Lors de mon dernier voyage au Pérou, j’ai donc repris contact avec eux et je suis allée les voire entre deux visites de musées.

Là-bas, j’ai pu voir différentes machines: imprimantes 3D, fraiseuse, graveur laser… et un scanner 3D qu’ils ont utilisé pour scanner un peigne de métier à tisser, je voulais le modifier pour avoir une plus grande ouverture pour passer la navette. Ils ont ensuite essayé de le reproduire avec une imprimante 3D.

Il est intéressant aussi de voir les contraintes, notamment concernant la taille des objets à scanner et à reproduire…

La recréation de ce peigne posait différents problèmes… Il était un peu grand pour le scanner, il tenait à peine de travers. Il faut donc parfois diviser la pièce en plusieurs parties avec des unions. Puis, au niveau de l’impression, il y a eu aussi quelques difficultés, ces machines semblent très sensibles…

ll faut bien choisir son plastique, l’économiser sans fragiliser la pièce imprimée. Les courants d’air semblent aussi néfaste. et il faut être très patient. Les temps de développement sont longs.

On peut recycler les pièces ratées, mais avec des machines très coûteuses.

En tout cas, la pièce doit être bien ventilée, ce qui est souvent assez bruyant. Mais on doit éviter les courantd d’air pour les imprimantes 3D qui sont très sensibles

Ils m’ont aussi mis en contact avec le responsable d’un autre FabLab de Lima, passionné de textiles, qui a créé des métiers destinés aux enfants ou pour des démonstrations.

Il voyage beaucoup, mais j’ai eu la chance de le rencontrer entre deux vols. Il m’a donné un livre qu’il a écrit et un de ses métier prêt à être monté, en plexiglas, découpé au graveur laser.

J’aimerai bien pouvoir revenir pour voir cet autre FabLab, c’est vraiment un monde de partage de connaissances très attrayant.

Iquique

Au retour de mon voyage au Pérou, je suis passée à la ZOFRI (Zone Franche) d’Iquique (Nord du Chili) et j’ai pu constater qu’ils vendaient quelques imprimantes 3D, cela commence donc à se démocratiser…

Il y a aussi des fichiers modifiables Open Source pour les bricoleurs qui voudraient se fabriquer eux-mêmes leurs machines en les adaptant à leurs besoins.

Voici quelques logiciels gratuits pour la création de fichiers destinés à ces machines:

  • Conception paramétrique: FreeCad
  • Edition 3: Blender
  • Slicer Ultimaker CORA

Visite au FabLab de Loches

Comme je suis rentrée en France, à Loches, pour quelques mois, je suis partie à la recherche de FabLabs. J’ai eu la bonne surprise d’en trouver un, récemment créé à Loches même.

J’ai donc pris contact et suis allée le visiter. Il y a là plusieurs imprimantes 3D, un graveur Laser, une brodeuse électronique. J’ai pu voir fonctionner ces machines.

Je suis entrain de réfléchir à des essais qui pourraient être utiles.

Pièces réalisées au graveur Laser au FabLab de Loches, France
Pièces réalisées au graveur Laser au FabLab de Loches, France

Dans ce FabLab, on m’a aussi beaucoup aidé à rétablir ce site qui commençait à souffrir d’obésité…

Production de ce FabLab

La brodeuse électronique permet de broder toutes sortes de logos, même en différentes couleurs, avec bien sûr beaucoup de précision.

Cette brodeuse ressemble beaucoup à n'importe quelle brodeuse, sauf qu'elle reçoit l'information d'une clé USB, FabLab de Loches, France
Cette brodeuse ressemble beaucoup à n’importe quelle brodeuse, sauf qu’elle reçoit l’information d’une clé USB, FabLab de Loches, France

Le graveur laser est impressionnant, il est de grande dimension. Il peut aussi bien découper de nombreuses matières ou seulement les graver, selon les indications du fichier auquel il obéit.

Graveur Laser du FabLab de Loches
Graveur Laser du FabLab de Loches

Il permet de produire une grande variété d’effets selon les règlages du fichier qu’il reçoit. Il peut aussi bien graver des photos que découper, et pas seulement du bois…

Etiquettes en liège, gravées au FabLab de Loches, France
Etiquettes en liège, gravées au FabLab de Loches, France

Deux jeunes produisent des instruments de musique…

Hanches d'instruments à vent, impimées sur l'imprimante 3D, polies manuellement puis gravées sur le graveur Laser, FabLab de Loches
Hanches d’instruments à vent, impimées sur l’imprimante 3D, polies manuellement puis gravées sur le graveur Laser, FabLab de Loches

FabLabs du monde

Lors de mon prochain tour du monde, j’espère bien pouvoir rencontrer d’autres FabLabs, lors de mes prochaines étapes. Il y a tant de choses à partager.

Désolée, je n’ai pas encore d’image du futur…

Matières premières, que choisir?

Matières premières – Article mis à jour le 31 août 2019, il faudra patienter quelques jours que je reçoivent les nouvelles lamelles… C’est un introuvable à Loches.

Matières premières: fibres végétales, animales, artificielles, synthétiques?

Tout bon livre de teinture naturelle (il en est de même pour les teintures chimiques) commence par une description des fibres. Cela est d’une très grande importance, de cela dépend le type de mordant et bien souvent le résultat.

Oui, je sais, je vous ai déjà parlé des matières premières. Je ne vais pas radoter, mais c’est un thème important et j’ai de nouvelles informations à vous apporter. Ainsi, je vous invite à relire le précédent article.

Les matières premières à la loupe

Ou mieux encore, au microscope. J’en rêvais depuis longtemps…

Une des meilleures méthodes pour déterminer à quel type de fibre on a affaire, est de l’étudier au microscope.

Et je vais sortir mon microscope

Un étudiant doctorant, Fernan, est venu avec des amis de Santiago au local Rincón de Angel et nous avons beaucoup parlé de teintures, eux les utilisaient pour leurs préparations au microscope.

Ils auraient préféré utiliser des teintures naturelles pour cela. Je leur ai donné un peu de cochenille pour qu’ils fassent des essais. Très peu leur suffisait…

Le retour de Fernan

Quelques mois plus tard, Fernan est revenu avec 20 étudiants de son laboratoire. Et ils m’avaient apporté un microscope qui se branche sur l’ordinateur.

Voici le fameux microscope
Voici le fameux microscope

C’est un bon outil pour analyser rapidement des matières premières. Les fibres se distinguent par leur forme, la présence d’écailles… Tout cela influe sur la teinture.

On peut aussi voir si la laine est propre ou contient encore de la graisse. C’est très important pour la solidité de la teinture qui préfère s’allier à la graisse qu’à la fibre et aura tendance à s’en aller avec la graisse au lavage.

Je vais donc le brancher pour continuer l’article

Depuis que je l’ai, il a voyagé avc moi, au Pérou, au Brésil, et maintenant en France, il va certainement m’accompagner lors de mon tour du monde pour analyser toutes les fibres que je rencontrerai sur mon chemin.

Le voici branché il faut bien installer l’éclairage et le régler…

Microscope installé, près à visionner différentes matières premières
Microscope installé, près à visionner différentes matières premières

Nous allons voir de belles matières premières

Je vais réunir les fibres que j’ai sous la main pour vous les montrer sous un autre jour.

Petit sac de restes de fibres, à vérifier au microscope
Petit sac de restes de fibres, à vérifier au microscope

Laines

Chez mon ami Angel, il y en a une grande variété.

Laine de mouton vue au microscope, on voit les petites écailles
Laine de mouton vue au microscope, on voit les petites écailles

Alpaga

Je vais vous montrer ce que j’ai tondu à Concon en 2017.

Fibres d'alpaga vues au microscope
Fibres d’alpaga vues au microscope

Vigogne

J’en ai trouvé en Bolivie. C’est rare et très cher.

Fibres de vigogne, c'est vraiment beaucoup plus fin...
Fibres de vigogne, c’est vraiment beaucoup plus fin…

Coton natif péruvien

Eh oui, le coton n’a pas toujours été blanc, et celui a bien failli disparaître. Heureusement, il y a des artisans qui le sèment encore, notamment dans la région de Chiclayo (Nord du Pérou).

Il est brut de récolte, ces fils semblent plats.

Fibres de coton natif péruvien
Fibres de coton natif péruvien

Soie de Madagascar

J’en ai ramené de chez mon ami Hilaire, quand je suis allée à l’IFPECO de Madagascar. Il m’en reste un peu.

Soie de Madagascar non décreusée
Soie de Madagascar non décreusée

J’ai aussi décreusé un peu de cette soie, nous allons aussi l’étudier.

Soie décreusée
Soie décreusée

Autres soies

Voici la soie du Laos qu’utilise mon amie à l’Atelier de Joëlle…

Soie du Laos, fiilée industriellement, teinture chimique
Soie du Laos, fiilée industriellement, teinture chimique

Paille à chapeau, d’Equateur

J’en ai ramené un peu de Ciudad Eten, près de Chiclayo, où ils ont la spécialité de tisser des chapeaux… Les femmes tressent leurs chapeaux, chez elles. On les voit depuis la porte ou la fenêtre ouverte…

Paille utilisée dans les chapeaux tissés au Nord du Pérou, elle  provient d'Equateur, tout proche
Paille utilisée dans les chapeaux tissés au Nord du Pérou, elle provient d’Equateur, tout proche

Cheveux humains

Je vais en profiter pour examiner mes cheveux, pourquoi pas. C’est très instructif.

Mes cheveux
Mes cheveux

Crin de queue de cheval (noir)

Quand je suis allée tondre les alpagas à Concon, on m’a donné une queue de cheval. Nous allons donc étudier ces crins.

Crin de cheval, c'est vraiment très gros au microscope
Crin de cheval, c’est vraiment très gros au microscope

Chanvre

Ma voisine récupère auprès du facteur les liens des paquets de courrier. Il paraît que c’est du chanvre.

Chanvre
Chanvre

Lin

Je n’ai pas retrouvé de fibre de lin. Quand j’en aurai je remettrai à jour cet article.

Orties et ramies

Les orties et la ramie (sous-espèce d’ortie non urticante) sont aussi des fibres intéressantes, mais je n’en ai malheureusement pas d’échantillon.

Fibres de bananier

J’ai ramené un peu de fibres de bananiers de Madagascar, cet échantillon a été teint à la cochenille.

Fibres de bananier
Fibres de bananier

Sisal

Celui-ci provient aussi de Madagascar, il a été légèrement teint à l’indigo.

Sisal de Madagascar
Sisal de Madagascar

Rafia

J’ai aussi ramené un peu de rafia de Madagascar, qui en produit beaucoup. Celui-ci a été teint à la cochenille. Naturel, il et moins blanc que la paille à chapeau équatorienne.

Rafia, teint à la cochenille
Rafia, teint à la cochenille

Plume

Je viens de trouver uune plume dans la toison d’alpaga que j’allais préparer pour la filer… Nous allons l’étudier.

Plume, duvet
Plume, duvet

Fibres de bambou

Je n’en ai pas. Il s’agit en fait d’une viscose de bambou, avec tout le brillant de la viscose et tous ces défauts. La viscose est une fibre très flateuse, qui se teint généralement très bien.

N’importe quelle cellulose convient pour la fabriquer. Pratiquement toute biomasse végétale doit pouvoir servir à sa fabrication. Il s’agit donc d’une fibre artificielle.

Le problème est que le mode de fabrication, en général à base d’acétone ou d’autres solvants organiques, produit beaucoup de COV (composés organiques volatiles) et autres déchets qui ne sont pas franchement aimables avec le milieu ambiant.

La viscose est aussi très inflammable. Les retardateurs de combustion sont par ailleurs très toxiques.

Les fibres qui me manquent…

Liber de tilleul et de bouleau, qui furent longtemps utilisés, notamment au moyen-âge.

Lapin et chèvre angora, yack…

Synthétiques et artificielles

Il faut bien voir ce qui nous envahit…

Laine fantaisie, fibres synthéques
Laine fantaisie, fibres synthéques

Visite à leur laboratoire

Quelques temps plus tard, avant de repartir en voyage, je passe quelques jours à Santiago. Et Fernan m’invite à une conférence de ses étudiants à leur campus Lo Contador, Faculté d’Architecture – Université Catholique à Santiago du Chili.

C’était très intéressant. Il y avait là un FabLab, je n’ai seulement pu le voir que par une grande baie vitrée, il y avait beaucoup de machines.

Nouveaux Projets avec Fernan

Voici des nouvelles fraîches. Je viens de reprendre contact avec Fernan qui me propose plusieurs projets concernant l’amélioration de ce microscope et sa diffusion en open source et low cost.

Il l’utilisait pour l’étude des levures et veut l’adapter mieux à l’étude des matières premières textiles.

C’est vraiment une bonne nouvelle!

Métier à tisser Tissanova

Article mis à jour le 24 août 2019

Nouveau métier Tissanova

Tissanova, ce n’est pas une nouveauté, ils ont plus de 50 ans. Pour moi, c’est un souvenir d’enfance… Cela a été ma première expérience de tissage.

C’es très différent du Métier María, des métiers à clous et de ceux de fortune dont j’ai parlé dans des articles précédents. J’aime varier les techniques.

Découverte d’un groupe facebook Tissanova

Par hasard, un jour, j’ai découvert un groupe Tissanova, je ne savais pas que c’était la marque de mon jouet d’enfance.

Si vous êtes intéressés par ce type de métier à tisser, je vous invite à prendre contact avec ce groupe, ce sont des passionnées.

Il y a aussi un blog dédié, très intéressant.

Mon premier métier Tissanova

Il était petit, environ 20 x 30 cm, il ne me reste que le peigne, mais c’est un miracle que je l’ai encore après 50 ans de déménagements internationaux et interrégionaux, à chaque déménagement on perd des choses, quand j’ai déménagé de Mamiña à Puerto Montt un sac contenant un métier maya et mon métier de ceinture que j’avais ramené de Moquegua avait disparu…

Peigne de mon premier métier Tissanova
Peigne de mon premier métier Tissanova

Quand j’étais petite, j’ai tissé des napperons en raphia naturel et synthétique, avec des chaines en coton qui ne faisaient que la longueur du métier.

Le second métier Tissanova

Quand je suis passée en France, pour aller à l’ISEND de Kuching, ma mère m’en a acheté un autre du même style un peu plus grand.

Second métier style Tissanova et peigne du premier
Second métier style Tissanova et peigne du premier

Je l’ai testé de retour à Mamiña avec de la laine d’alpaga, le cadre permet d’enrouler la chaîne et la toile. Mais, j’ai eu de grosses difficultés car les barreaux avaient tendance à se dévisser.

Vue de côté, on voit les écrous papillons qui ont tendance á se dévisser
Vue de côté, on voit les écrous papillons qui ont tendance á se dévisser

En outre, les fils de chaîne avaient tendance à sortir du peigne, j’ai essayé de les bloquer avec un morceau de Scotch, ce n’était vraiment pas l’idéal. Ce peigne n’a pas la rainure des deux autres métiers Tissanova.

Second métier, vue d'en haut
Second métier, vue d’en haut

J’ai tout de même réussi à tisser deux écharpes, je n’allais tout de même pas gâcher toute cette laine d’alpaga.

Je n’en ai malheureusement pas pris de photo.

Le troisième métier Tissanova

Il m’est arrivé hier de France, dans son emballage d’origine, je n’ai pas résisté à l’envie de l’essayer tout de suite.

Je viens juste de déballer mon nouveau métier Tissanova
Je viens juste de déballer mon nouveau métier Tissanova

J’ai dû trouver une laine assez fine, par chance j’en avais une assez grosse pelote, malheureusement, elle n’avait été retordue, j’ai profité de notre rouet pour le faire.

Je retords la laine qui était composée de deux fils simples
Je retords la laine qui était composée de deux fils simples

A peine la laine retordue, j’ai commencé à monter la chaîne, j’ai envoyé une photo au groupe Tissanova, j’ai tout de suite eu des informations me donnant des conseils utiles.

´Montage erroné, heureusement que le groupe Tissanova m'a prévenue à temps, j'ai donc recommencé
´Montage erroné, heureusement que le groupe Tissanova m’a prévenue à temps, j’ai donc recommencé

 

J’ai donc remonté la chaîne comme cela me paraissait logique, c’est-à-dire en enroulant la chaîne autour du cadre

J’ai utilisé la barre régulateur pour répartir mieux les fils sur le peigne, j’auraui très bien pu m’en passer.

Installation du peigne
Installation du peigne

Puis, j’ai commencé à tisser.

Navette préparée avec la même laine retordue
Navette préparée avec la même laine retordue

 

Début du tissage, j'ai déjà enlevé la barre régulateur
Début du tissage, j’ai déjà enlevé la barre régulateur

J’aurai dû laver la laine avant de la tisser, en effet, elle glisse mal sur le peigne et quand on passe la navette entre les fils de chaîne, et là, on n’a pas beaucoup de place.

Tissage bien avancé
Tissage bien avancé

J’ai tout de même réussi à tisser une pièce complète de 34 cm x 1,20 m en un jour et demi.

Je passe les dernières trames
Je passe les dernières trames

 

Je termine par un point péruvien
Je termine par un point péruvien

 

Pièce prête à être coupée
Pièce prête à être coupée

 

Pièce sortie du métier
Pièce sortie du métier

Comme d’habitude, je fais des finitions.

Finition des des bords au crochet
Finition des des bords au crochet

Comme cette pièce est relativement fine, je vais la laver bien, et je vais la teindre en ecoprint.

Pièce terminée
Pièce terminée

C’était donc ma méthode instinctive pour monter ce métier. Il n’est pas exclu que je l’utilise de nouveau.

Nouvel essai sur Tissanova avec de la soie

J’ai ramené de la soie domestique de Madagascar, je vais essayer de la tisser sur mon nouveau Tissanova. Je l’ai utilisée en double pour plus de solidité, je ne l’ai pas retordue, je vais devoir consulter mon ami Hilaire. Il fait un certain nombre d’opérations avec son fil de soie avant de monter sa chaîne.

Machine pour mouliner la soie, chez mon ami Hilaire, à Talata, Madagascar
Machine pour mouliner la soie, chez mon ami Hilaire, à Talata, Madagascar

Je verrai si je la teindrai aussi en ecoprint certainement après l’avoir utilisé comme une pièce de gaze dans du feutre.

Tisser la soie est bien différent. C’est la première fois que je tisse de la soie.

La laine naturelle a tendance à s’accrocher entre les fibres, ce qui est très intéressant au niveau du tissage, cela n’oblige pas à tisser serré. Cela est pour moi une expérience nouvelle.

J’ai donc monté une nouvelle chaîne en suivant les explications de la notice et j’ai commencé à tisser. Les fils s’accrochent moins dans le peigne et l’ouverture se fait plus facilement. J’ai utilisé les fils en double, aussi bien pour la trame que pour la chaîne.

Début de nouvelle chaîne en soie
Début de nouvelle chaîne en soie

Comme, il me manque une pièce U, j’ai attaché la barre régulateur au cadre provisoirement, le temps de monter la chaîne.

Montage du peigne un peu délicat
Montage du peigne un peu délicat

Comme d’habitude, j’ai démarré avec une ligne de point péruvien (je l’explique dans l’article précédent sur le tissage du métier María).

Démarrage avec point péruvien
Démarrage avec point péruvien

Le tissage se passe bien pour le moment.

Début du tissage
Début du tissage

Aujourd’hui, j’ai fait avancer le tissage, j’ai assuré la barre régulateur, malgré cela quelques fils se sont échappés, j’ai dû les remettre en place, la chaîne s’est trop détendue, j’ai placé une navette classique entre la barre régulateur et le cadre.

Tissage et bobines de soie utilisées pour cette pièce
Tissage et bobines de soie utilisées pour cette pièce

J’en suis à la moitié du tissage.

Récupération des fils qui s'étaient échappés de la barre régulatrice
Récupération des fils qui s’étaient échappés de la barre régulatrice

Cela a été un peu laborieux, les fils sont fins et l’on a du mal a voir où les replacer.

On voit par transparence, à travers la chaîne, le tissage qui a un peu bougé et est devenu irrégulier
On voit par transparence, à travers la chaîne, le tissage qui a un peu bougé et est devenu irrégulier

Les fils de soie sont lisses, les trames ont bougé quand j’ai fait tourner le tissage pour avancer.

Quand les fils descendent mal sur le peigne, je les aide en appuyant ma main sur le tissage
Quand les fils descendent mal sur le peigne, je les aide en appuyant ma main sur le tissage

Ces fils fins s’accroche n’importe où sur le bois, il a d’ailleurs falu limer la navette qui coinçait à chaque passage.

Quelques fils de chaîne s'étaient déplacés et les mouvement du peigne et de la navette devenaient vraiment difficiles, j'ai donc arrêté le tissage en laissant un peu plus de franges, je finis avec le point péruvien
Quelques fils de chaîne s’étaient déplacés et les mouvement du peigne et de la navette devenaient vraiment difficiles, j’ai donc arrêté le tissage en laissant un peu plus de franges, je finis avec le point péruvien

Plus que jamais, il faut commencer et finir par le point péruvien.

Vue générale sur le métier avant d'enlever le peigne
Vue générale sur le métier avant d’enlever le peigne

Et, c’est presque fini!

J'ai commencé à libérer la barre régulateur
J’ai commencé à libérer la barre régulateur

Il faut libérer la barre régulateur.

J'enlève le peigne
J’enlève le peigne

 

Aspect de la toile avant de la libérer du métier Tissanova
Aspect de la toile avant de la libérer du métier Tissanova

 

Libération de la toile
Libération de la toile

 

Libération de la deuxième extrémité de la toile
Libération de la deuxième extrémité de la toile

Enfin finie ma première toile en soie.

Toile finie
Toile finie

 

Me voilà déjà avec deux toiles
Me voilà déjà avec deux toiles

En quelques jours j’ai déjà tissé deux toiles.

Le Tissanova et le coton

Le coton passe aussi bien en ecoprint, nous en avons à la vente chez Rincón de Angel, je vais donc aussi le tester. Il ne me reste plus de lin pour le tester, c’est dommage, toutes les fabriques ont fermé au Chili.

J’ai donc choisi deux pelotes de coton, l’une lisse pour la chaîne, l’autre flamée pour la trame.

Démarrage de la nouvelle chaîne
Démarrage de la nouvelle chaîne

La chaîne est toujours la partie la plus délicate d’un tissage, il faut donc lui accorder beaucoup d’attention.

Premier noeud, barre régulateur bien fixée
Premier noeud, barre régulateur bien fixée

 

Détail, barre régulateur
Détail, barre régulateur

Le fil doit toujours être bien tendu, les fils extérieurs ont toujours tendance à se détendre.

Détail du montage de la chaîne sur la barre régulateur
Détail du montage de la chaîne sur la barre régulateur

Il faut bien enfoncer chaque fil pour qu’il ne saute pas pendant le tissage.

Chaîne à moitié montée
Chaîne à moitié montée

L’idéal est de ne pas s’interrompre pendant le montage de la chaîne pour que la tension des fils reste la même partout. Vu que l’ouverture du peigne n’est que de quelques centimètres sur le Tissanova, il est important que les fils montent et descendent bien.

Chaîne montée
Chaîne montée

Une fois montée la chaîne, il faut installer le peigne, pour cela j’ai l’aide d’une  navette qui soulève un peu les fils.

Je glisse le peigne
Je glisse le peigne

 

Répartition des fils sur le peigne
Répartition des fils sur le peigne

Il s’agit d’une autre étape importante, il ne faut pas croiser les fils.

Dèmarrage avec point péruvien
Dèmarrage avec point péruvien

Sur cette photo, on voit bien la texture du fil de trame.

Détail du point péruvien
Détail du point péruvien

Une fois le point péruvien terminé, ont peut commencer à tisser.

Démarrage du tissage
Démarrage du tissage

 

Déjà quelques centimètres tissés
Déjà quelques centimètres tissés

Avec le coton, on ne peut pas bloquer les fils en haut du peigne, par chance cela n’a pas été nécessaire.

Comparaison des trois pièces
Comparaison des trois pièces

Ces trois fibres donnent des résultats très différents.

Et on avance encore
Et on avance encore

Je n’avais pas encore déplacé le tissage, maintenant je vais le faire.

Après un petit déplacement du tissage, j'assure la fixation de la barre régulateur
Après un petit déplacement du tissage, j’assure la fixation de la barre régulateur

 

Et je peux continuer d'enrouler le tissage
Et je peux continuer d’enrouler le tissage

 

Le travail avance, le tissu paraît plus lâche sur les côtés
Le travail avance, le tissu paraît plus lâche sur les côtés

Les fils sont lisses, ils n’ont pas d’écailles comme la laine, ils ont toujours tendance à bouger.

Tissage presque fini, finition au point péruvien
Tissage presque fini, finition au point péruvien

Il ne restait plus de place pour passer la navette, je finis donc la pièce comme toujours au point péruvien.

Je libère la toile après avoir libéré la barre régulateur
Je libère la toile après avoir libéré la barre régulateur

 

Pièce sortie du métier
Pièce sortie du métier

Il faut terminer cette toile, je fais donc les finitions au crochet, ce qui régularisera l’espace entre les fils de trame.

Détail de la finition au crochet
Détail de la finition au crochet

 

Détail de la finition au crochet
Détail de la finition au crochet

Et voilà, elle est finie.

Pièce finie
Pièce finie

 

Trois fibres différentes, trois pièces différentes...
Trois fibres différentes, trois pièces différentes…

Le Tissanova et l’alpaga

J’ai de petites quantité de laine d’alpaga fine et régulière, malheureusement pas retordue, je vais les tester, j’espère que le tissage ne se retorde pas de trop.

Nouvelle chaîne en alpaga gris filé industriellement
Nouvelle chaîne en alpaga gris filé industriellement

Pour la chaîne, j’ai choisi une laine filée industriellement donc bien balancée. C’est très important. Pour la trame, j’ai pris une laine d’alpaga que j’ai filée personnellement, non retordue, j’ai toujours tendance à filer trop tordu, pour la solidité, je ne l’ai pas retordue car j’avais peur d’en manquer.

Installation un peu délicate de la chaîne sur le peigne
Installation un peu délicate de la chaîne sur le peigne

Je mets d’abord une navette debout pour ne pas accrocher et étirer les fils de chaîne avec les dents du peigne.

Montage du peigne
Montage du peigne

Puis, je redresse le peigne, c’est assez délicat avec un fil aussi fin, on a vite fait d’en mettre deux dans la même encoche.

Peigne redressé, fils encore désordonnés
Peigne redressé, fils encore désordonnés

 

Peigne redressé, fils encore désordonnés, vue de détail
Peigne redressé, fils encore désordonnés, vue de détail

Il faut faire de l’ordre minutieusement pour que les fils ne se croisent pas.

Fils enfin ordonnés
Fils enfin ordonnés

Comme d’habitude, je commence par le point péruvien pour bien bloquer le démarrage. Je laisse un peu de place pour les franges.

Point péruvien de démarrage
Point péruvien de démarrage

 

On s'assure que la barre régulateur ne se libère pas en cours de tissage
On s’assure que la barre régulateur ne se libère pas en cours de tissage

J’ai utilisé deux grosses aiguilles qui me servent habituellement pour tisser les métiers à clous, pour obtenir l’espace nécessaire au passage de l’aiguille.

Passagee de l'aiguille
Passagee de l’aiguille

 

Passagee de l'aiguille, détail
Passagee de l’aiguille, détail

 

Une fois assurée la barre régulateur, j'enlève les grosses aiguilles et commence à tisser
Une fois assurée la barre régulateur, j’enlève les grosses aiguilles et commence à tisser

Je peux enfin tisser tranquillement, l’alpaga est très agréable à tisser.

Tissage en cours
Tissage en cours

 

Tissage en cours. on peut apprécier les variations de couleurs de la laine
Tissage en cours. on peut apprécier les variations de couleurs de la laine

 

Tissage en cours. on peut apprécier les variations de couleurs de la laine, gros plan
Tissage en cours. on peut apprécier les variations de couleurs de la laine, gros plan

 

Les fils ont bougé, il faut les remettre en place
Les fils ont bougé, il faut les remettre en place

Cela peut donner des idées pour effectuer des points nouveaux. Mais, dans ce cas j’ai redressé la situation.

Les fils ont bougé, il faut les remettre en place, détail
Les fils ont bougé, il faut les remettre en place, détail
Fin du tissage, cela a été agréable malgré de petites difficultés avec la chaîne qui s’est un peu détendue, des noeuds se sont aussi relachés, certains fils se sont libérés de la barre régulateur. Et surtout, le tissage est parti en biais, ce la ne se voit pas sur le tissage fini, il y a seulement des franges plus longues d’un côté que de l’autre.
Point péruvien de fin de tissage
Point péruvien de fin de tissage

 

C'est le moment d'enlever le peigne
C’est le moment d’enlever le peigne

 

Peigne enlevé, il faut libérer la barre régulateur
Peigne enlevé, il faut libérer la barre régulateur

C’est là que l’on voit que le tissage est parti en biais.

Libération des franges
Libération des franges

 

A peine la toile s'est libérée, qu'elle s'est enroulée, cela est dû à l'excès de torsion du fil de trame
A peine la toile s’est libérée, qu’elle s’est enroulée, cela est dû à l’excès de torsion du fil de trame

Cela est dû au fait que j’ai utilisé en trame une laine que j’ai filée un peu trop tordue (pour la solidité) et que je n’ai pas retordu en sens inverse pour qu’elle soit bien balancée.

Dernière pièce déjà en exposition
Dernière pièce déjà en exposition

Nouveau test: coton, raphia et racines de vétiver

Montage d'une nouvelle chaîne en coton
Montage d’une nouvelle chaîne en coton

 

Installation du peigne
Installation du peigne

 

Premier passage de trame
Premier passage de trame

 

Dans ce cas les fils de chaîne ne peuvent pas être retenus
Dans ce cas les fils de chaîne ne peuvent pas être retenus

Malgré ce détail, la chaîne étaiet bien tendue, les fils n’ont pas eu tendance à s’échapper du peigne.

Travail commencé
Travail commencé
J’alterne deux navettes, l’une avec du coton, l’autre avec du raphia de Madagascar, j’ajoute à interval régulier des racines de vétiver malgache.
Détail du tissage
Détail du tissage

 

Préparation de la barre régulateur, séparée du support par deux grosses aiguilles
Préparation de la barre régulateur, séparée du support par deux grosses aiguilles

 

Suite de la préparation de la barre régulateur, l'aiguille à canevas passe bien
Suite de la préparation de la barre régulateur, l’aiguille à canevas passe bien

 

Premier déplacement de la toile sans problème
Premier déplacement de la toile sans problème

 

Pièce prête à être libérée
Pièce prête à être libérée

J’avais déjà enlevé le peigne

Barre régulateur libérée
Barre régulateur libérée

 

Pièce libérée d'un côté
Pièce libérée d’un côté

 

Barre régulateur enlevé
Barre régulateur enlevé

 

Pièce finie
Pièce finie

J’ai fait une finition au crochet, en coton, sur les bords pour cacher les changements de trame. C’est un peu raide à cause des racines de vétiver, mais comme chemin de table, ce n’est pas gênant.

Pièce en exposition, à côté de ses semblables
Pièce en exposition, à côté de ses semblables

Expérience pour rallonger la chaîne du Tissanova

Il s’agit d’un retour aux métiers de fortune. Le peigne spécial devrait bien s’adapter à ces techniques minimalistes, il s’agit de me préparer pour mon grand voyage textile et tinctoriale.

Je dois pouvoir tisser toutes sortes de fibres (les métiers à clous, ne me permettent que de travailler qu’avec des fibres relativement grosses), même dans les conditions les plus précaires. Ce métier à la grande qualité d’être très léger. C’est bon pour ma valise qui a toujours tendance à dépasser les normes. Notamment les navettes, quelle différence avec celles que l’on trouve habituellement au Chili.

Rallonges pour mon métier Tissanova

Un voisin qui est excellent menuisier, m’a fait des rallonges pour mon métier. Il faudra que je les essaie.

Metier Tissaova et ses nouvelles rallonges
Metier Tissaova et ses nouvelles rallonges

Expériences FabLabs

Lors de mon  voyage au Pérou et dernièrement à Loches, en France, j’ai eu l’occasion de contacter des FabLabs pour  voir comment améliorer ce métier.

Quelles sont vos expériences?

Si vous avez des expériences avec ce type de métiers, cela serait intéressant de les partager, j’attends vos commentaires.

Ecoprint, kesako? et pourquoi?

Article mis à jour le 6 août 2019

Ecoprint sur lin, impression de feuilles et fleurs
Ecoprint sur lin, impression de feuilles et fleurs

Ecoprint, kezako? Je reviens sur cet article que j’ai publié au tout début de la création de ce blog. C’est un sujet important, et vous avez donc droit à une toute nouvelle version qui va se compléter au fur et à mesure de mes nouvelles expériences.

L’ecoprint n’est pas un “machin” ou “nouveau truc” pour “reverdir” la teinture. C’est une technique très économe en matières tinctoriales (quelques feuilles bien choisies suffisent, contre 3 kg de plantes pour 1 kg de fibres). D’autre part, cela permet de changer l’allure d’une manière unique de n’importe quel vêtement usager, de fibres naturelles, bien sûr.

Depuis mon retour de Madagascar et mon voyage au Brésil, j’ai eu de nouvelles expériences d’ecoprint et je tiens à vous les présenter maintenant.

L’ecoprint, quelle magie!

Un peu de théorie sur cette technique

L’ecoprint est une technique développée par un groupe de designers australiennes à la tête desquelles se trouvent India Flint, Susan Fell McLean et le groupe Gondwana textiles… J’espère bien pouvoir aller visiter leurs ateliers lors de mon tour du monde…

C’et plutôt une impression qu’une teinture…

Cette technique n’utilise que peu de matériaux végétaux, étalés sur la toile, ou éventuellement sur papier ou carton (c’est aussi possible), enroulés serrés, se mettent à tremper pendant quelques jours, avec ou sans mordants, puis éventuellement chauffés et enfin déballés, laissent différentes empreintes.

Premiers essais à Santa Fe – Argentina

Nous avons avons fait les premiers essais d’ecoprint, sans grand succès, lors d’une formation que j’avais donné au Centre Culturel “La Esquina Encendida”. Sans doute le rouleau n’avait pas été assez serré et qu’il n’a pas trempé assez longtemps.

Premier test d'ecoprint sur feutre au Centre Culturel
Premier test d’ecoprint sur feutre au Centre Culturel “La esquina Encendida” Santa Fe – Argentine

Lors d’une seconde formation donnée à Santa Fe, il y avait deux participantes qui pratiquaient déjà couramment cette technique.

Tee-shirt teint en ecoprint par cette dame de Santa Fe - Argentine
Tee-shirt teint en ecoprint par cette dame de Santa Fe – Argentine

Mais ce qui a retenu le plus l’attention du groupe a été une technique assez proche, qui se travaille à froid, avec un marteau à carreler.

Technique au marteau qui a eu beaucoup de succès
Technique au marteau qui a eu beaucoup de succès

Les feuilles fraîches sont glissées entre deux toiles de fibres naturelles, on martèle, puis on enlève les feuilles, on fait tremper les toiles dans un bain de “soupe de clous” (vieux clous + vinaigre = acétate de fer) qui révèle les tanins. Puis, on lave et on rince.

Et voici le résultat
Et voici le résultat

Ecoprint à Madagascar

L’effet est très délicat. Nous avons pratiqué l’ecoprint avec Monsieur Hilaire à Talata, Madagascar. Cette technique nécessite de la patience mais peu de moyens. India Flint, raconte dans un de ses livres, qu’elle voyage partout avec sa casserole électrique et des échantillons de textiles naturels, qu’elle teste juste après sa récolte en se promenant dans les rues.

Malgré sa petite taille, la
Malgré sa petite taille, la “fetapera” permet de chauffer des casseroles relativement grandes avec très peu de combustible, ici du charbon de bambou…

A Talata, nous n’avons utilisé qu’une grande casserole et un petit réchaud traditionnel malgache (fatapera), avec du charbon de bois. Ce petit réchaud est très économique à l’usage et est très léger, fait en tôle recyclée. Je n’ai pas pu résister, je m’en suis achetée un. Chaque pièce teinte est unique, comme chaque feuille l’est dans la nature. C’est la magie de l’ecoprint. Tout doit être testé. Que de surprises!

Premières écharpes de soie teinte en ecoprint à Talata
Premières écharpes de soie teinte en ecoprint à Talata

Certaines feuilles donnent des résultats plus intéressants que les pétales de fleurs. Mais on peut retenir les fleurs d’oeillets d’Inde et de Cosmos Sulfureus (orange), nous avons testés les autres cosmos qui infestent les champs, sans résultat. J’ai beaucoup aimé la finesse des aiguilles de pin australiens et les fougères. Les feuilles de rosier et d’eucalyptus ont beaucoup plus à M. Hilaire.

A la suite de cette expérience à Talata Madagascar, j’ai préparé ue présentation détaillant tout ce que nous avons fait en presque 15 jours. Cette présentation est maintenant disponible en téléchargement sur ma boutique.

Atelier Ecoprint à La Chapelle Blanche Saint Martin – France

A la suite de mon retour de Madagascar, j’ai rencontré à Loches, une tisserande qui a organisé une petite formation sur le thème de l’ecoprint avec 6 autres personnes à La Chapelle Blanche Saint Martin (Indre et Loire – France) à l’élevage de Chèvres Mohair et Atelier de Brigitte, le dimanche 27 août 2017. J’ai d’ailleurs préparé une autre présentation sur cette journée qui a été très intéressante.

Très joli effet obtenu avec de petites racines de garance
Très joli effet obtenu avec de petites racines de garance

Ecoprint à Andacollo – Chili

Puis en février 2018, je suis allée donner un cours privé à un couple, près de La Serena, à 400 km au Nord de Santiago du Chili, ou après avoir teint de nombreuses laines et rubans de laine cardées avec les plantes de la propriété, nous avons estampé une écharpe de soie malgache en ecoprint. Le résultat a beaucoup plu.

Solange avec sa première écharpe de soie en ecoprint
Solange avec sa première écharpe de soie en ecoprint

J’attends des nouvelles de mon amie qui doit lancer prochainement sa marque de vêtements et accessoires en fibres naturelles…

Au Chili, j’ai tissé un chemin de table avec le métier Tissanova et préparé quelques écharpes en laine feutré que je vais teindre en ecoprint, prochainement.

Ecoprint à Cajamarca, Pérou

Lors de mon dernier voyage au Pérou, j’ai rencontré un couple d’artisans à Cajamarca et nous avons fait un petit essai, sur coton.

J’ai acheté un morceau de toile de coton léger, nous l’avons découpé en bandes. Nous les avons fait bouillir avec de la lessive, pour enlever l’apprêt, vu qu’il s’agissait d’une toile neuve.

Puis, nous avons présenté les plantes (schinus molle, sauge, et une plante de couleur pourpre qui avait attiré l’attention de mon ami…). Nous avons trempé certaines plantes dans un bain de sulfate de cuivre et d’autres dans un bain de pierre d’alun.

Essai d'ecoprint sur coton avec Segundo à Cajamarca - Pérou
Essai d’ecoprint sur coton avec Segundo à Cajamarca – Pérou

Nous avons fait les petits rouleaux d’ecoprint et les avons laissé tremper jusqu’au lendemain.

Alors, nous les avons fait bouillir dans une casserole en aluminium que mes amis utilisent pour teindre. Le lendemain, nous avons défait les rouleaux, enlevé les plantes et rincé les toiles.

On déroule les rouleaux
On déroule les rouleaux

Le résultat n’a pas été merveilleux, mais on voyait tout de même les feuilles de schinus molle imprimées en jaune. Peut-être aurions-nous dû faire sécher les toiles avant de préparer les rouleaux?

Je préfère, en général, utiliser les vieilles feuilles, parfois blessées, trouées, dévorées par les insectes ou les limaces. Elles auront certainement plus de tanins et manqueront moins à la plantes que les jeunes pousses gorgées de sève.

Comme toujours. la saison de récolte influence le résultat.

Le coton est toujours plus difficile à teindre que la soie ou la laine. Peut-être que la toile n’était pas 100% naturelle.

Ecoprint au Brésil

Je suis partie pour le Brésil à l’aventure, je n’ai donc pris que peu de bagages.

J’ai donc acheté des vêtements d’occasion en coton qui m’ont servi de matière première pour mes essais.

Préparation d'ecoprint très fleurie de mon amie Iafa au Brésil
Préparation d’ecoprint très fleurie de mon amie Iafa au Brésil

Mon amie Iafa était très tentée par les fleurs multicolores, il y en a de vraiment très belles. Je l’ai laissée faire. Le résultat était un peu pâle et s’est malheureusement décoloré au bout d’à peine quelques jours, bien que le vêtement avait séché à l’ombre.

Nous avons testé l’eau de mer, l’eau de la rivière, enterré des rouleaux sous le sable… Beaucoup d’expériences…

Ce qui a donné les meilleurs résultat ont été les feuilles de goyavier, de framboisiers, de fougères…

Et les ecoprint sèchent...
Et les ecoprint sèchent…

Les grosses taches rosées proviennent de tranches d’une patate douce non comestible, mais médicinale, utilisée comme antifongique.

Tour du monde des teintures

Lors de mes prochains voyages, j’espère bien pouvoir avoir de nouvelles expériences avec cette technique. Je ne manquerai pas l’occasion de vous en parler. Cet article devrait donc être suivi régulièrement pour être au courant des nouveautés.

Elle reflète parfaitement la végétation locale dont elle révèle toute la richesse parfois cachée et s’adapte facilement, car elle ne nécessite que peu de matériel.